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Taxer l’immobilier : 3 idées farfelues mais révolutionnaires

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Taxer l'immobilier : pas pour les caisses de l'État, mais pour réduire les inégalités fiscales.

C’est à se demander ce que les économistes seraient sans les pauvres. Au nom des inégalités sociales, ils inventent des théories humanistes, dont le seul but est de remplir les caisses de l’État. Parmi ces solutions farfelues, taxer l’immobilier est en train de devenir à la mode. Le Portugal vient de s’y illustrer, tandis que des Think tank Français y songent le plus sérieusement du monde.

Taxer l’exposition au soleil : la dernière trouvaille du gouvernement portugais

C’est en août dernier que naît au Parlement portugais, ce que l’on pensait être une grosse blague. Le décret 41 de la loi des finances de 2016, prévoyait d’augmenter la taxe foncière de 20 %. Oui mais pas pour tout le monde, uniquement pour les habitations ayant une belle vue et un maximum d’ensoleillement. En revanche les logements face à un cimetière ou exposés au nord, verraient la leur diminuer de 10 %.

Les partis d’opposition pointent du doigt une idée farfelue pour taxer l’immobilier, tandis que le secrétaire d’État aux finances Rocha Andrade s’en défend. « Notre objectif est tout d’abord d’introduire une meilleure égalité fiscale ».

À cette époque personne n’y fait attention, tant l’idée est loufoque. Mais les rigueurs budgétaires ont des raisons que la raison ignore, et depuis le 19 décembre dernier le décret est entré en vigueur. Avec quelques restrictions cependant, car cette sur-taxation ne concernera que les habitations dont la valeur fiscale est d’au moins 250 000 €.

De plus, seules les constructions neuves seront concernées, à moins que le propriétaire ne demande une réévaluation fiscale de son bien immobilier. Gageons que ces derniers ne seront pas bien nombreux.

Taxer l’immobilier sur les loyers que l’on ne paye pas : une invention française

À tout seigneur tout honneur, le député communiste portugais Paulo Sa n’a rien inventé. D’après le quotidien The Portugal News, le découvreur serait William 3. Couronné roi d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande le 11 avril 1689, le hollandais de naissance imposa une taxe sur le soleil à ses sujets. Mais nous-autres français nous avons nos propres idées pour taxer l’immobilier, et elles ne manquent pas non-plus d’originalité.

Les propriétaires occupants ne payent pas de loyer. Les locataires payent un loyer, et ce n’est pas normal. Ainsi résonnent 4 diplômés de Sciences-po et un ancien de l’École Normale Supérieure de Cachan. Et il faut bien reconnaître qu’avancer une telle théorie n’est pas à la portée d’un bachelier avec mention.

Le think tank OFCE et l’organisme France stratégie, pensent comme tout le monde qu’il faudrait aider davantage de jeunes à devenir propriétaire. Et pour les aider il faudrait en finir avec les taxes sur les droits de mutation. Une idée tentante, si ce n’est qu’il faudra bien creuser un trou pour boucher celui auquel les départements feront face.

Les économistes proposent donc de taxer les plus-values sur les résidences principales. Pour rappel, ces dernières en sont actuellement exonérées. Et comme cela ne suffira pas, l’idée de taxer les propriétaires occupants sur les loyers qu’ils paieraient s’ils étaient locataires, fait son chemin.

Il faut être surdiplômé pour penser qu’il sera facile d’encourager les locataires à devenir propriétaires, sachant que les actuels occupants les en décourageront, découragés qu’ils seront par cette fiscalité qui punit ceux qui ont réussi à payer jusqu’au bout.

Pourfendre les propriétaires, encourager les locataires bailleurs

Le chargé de mission à France Stratégie, Pierre-Yves Cusset, arrive tout de même avec un sujet nouveau : celui du locataire bailleur. Le diplômé de l’École Normale Supérieure souhaiterait davantage de ces personnes propriétaires d’un bien loué, mais locataires de leur résidence principale.

Car « encourager ainsi le statut de propriétaires occupants, au détriment par exemple de celui du locataire bailleur », contribuerait « à réduire l’offre locative » et à freiner « la mobilité géographique des actifs ». Pourquoi : et bien parce que les propriétaires occupants sont « moins mobiles que les locataires ».

Si à ce stade le lecteur ne voit pas bien le rapport, qu’ils se rassure, l’auteur non plus. Et pour une raison bien simple : il n’est pas l’auteur du concept, il l’a pompé sur un ouvrage de deux de ses confrères, datant de 2010. Pierre Yves Cusset souhaite lui-aussi taxer les loyers des propriétaires occupants, tout ça pour les obliger à rester locataire et à louer leur propre bien immobilier à d’autres locataires.

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