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Tendance des taux à la baisse, et après ?

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Emprunteurs et économistes scrutent de prêt la courbe des taux d'emprunt, mais pas pour les mêmes raisons.

Pendant que les aoûtiens profitaient de leurs derniers jours de vacances, des signes d’une tendance des taux à la baisse sont apparus alors qu’on ne l’attendait pas. Ce mois-ci encore les emprunteurs pourraient avoir souscrit des crédits moins chers, tant et si bien que des voix commencent à se faire entendre de l’autre côté du bureau des agences bancaires. Personne ne s’attend toutefois à une hausse des taux, tant les banques voudront profiter de cette économie qui repart juste au bon moment.

Ces signes d’une tendance des taux immobiliers à la baisse

Les plus fidèles parmi nos lecteurs qui ouvrent consciencieusement notre newsletter toutes les semaines, savent que la tendance des taux d’emprunt immobilier est liée aux OAT 10 ans. Ces Obligations Assimilables du Trésor remboursables à 10 ans, proposent à leurs acquéreurs un taux de rendement qui influe indirectement sur les taux des crédits à l’habitat.

Or jusqu’ici la moyenne de ces rendements du mois d’août, est inférieure à celle de juillet. Conclusion : il n’est pas impossible que le taux immobilier moyen de 1,55 % de juillet soit en ce moment même en train de descendre. À moins que les banques n’en profitent pour réparer leurs marges, en prenant le risque de rater la propice période de la rentrée.

Septembre : le boom saisonnier du marché immobilier

Entre la signature d’une offre préalable de crédit immobilier et la remise des clés, il peut se passer 6 mois. C’est l’une des raisons pour laquelle le marché du logement est particulièrement actif en septembre, les candidats acheteurs ayant pour objectif de déménager au début du printemps, si possible pendant les vacances de Pâques.

Or avec une tendance des taux de crédit si basse que l’on peut même investir dans l’immobilier sans verser un seul centime, les ménages veulent concrétiser leurs projets. Et pour ne rien gâcher, l’horizon économique s’éclaircit. L’INSEE constate que la croissance a finalement été de +0,6 % au 1er trimestre, mieux que les +0,5 % attendus. La consommation des ménages décolle de +1 % sur la même période, alors qu’à la fin juin le chômage descend à 9,9 %, remettant 74 000 demandeurs d’emploi sur le marché du travail.

La tendance des taux commence à faire peur

À cet environnement favorable viennent s’ajouter des constructions de logements neufs en hausse, augmentant ainsi l’offre, avec peut-être en récompense un assouplissement des prix de l’ancien. Mais cette médaille a aussi son revers. Car si le pouvoir d’achat immobilier des Français augmente, la rémunération de leur épargne diminue. À un tel point qu’une banque allemande a créé la surprise en proposant un taux de rendement négatif.

S’engouffrant dans la brèche, économistes et/ou porte-paroles des banques pointent du doigt l’effet dévastateur des marges qui se réduisent sur le financement de l’immobilier.

Mais surtout, avec des obligations allemandes à 10 ans au bord de la zone négative suite à l’effet Brexit, le spectre de l’explosion de la bulle obligataire ressurgit.

Pas de scénario catastrophique cela dit, à un moment donné la Banque Centrale Européenne sera bien obligée de fermer le robinet, afin de rendre l’argent plus cher. À ce moment la tendance des taux immobiliers sera à la hausse, sans doute suivie par celle des taux à la consommation.

Toutefois cet ajustement sera lent, et l’on n’imagine pas qu’il puisse arriver avant la fin de l’année, voire avant la mi-2017. Cette information sera sans doute martelée sur les médias jusqu’à la Saint-Sylvestre, et ne fera que faire venir davantage de ménages sur le marché immobilier.

Ils auront d’ailleurs raison d’en profiter, car en France on emprunte à taux fixe, et l’on voit difficilement comment ils pourraient obtenir de meilleures conditions au cours des 5 prochaines années.

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