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Surendettement : portrait de ceux qui ont trop de crédits

Coût des cartes de crédit
Frais bancaires : les moins riches paient le plus.

Il doit en moyenne 41 000 €, il est plutôt locataire et a eu aveuglement recours aux prêts de trésorerie. Pour résoudre sa situation financière il a dû faire des choix, dans la majeure partie des cas il n’a pas réglé ses charges courantes. Ils sont aujourd’hui 831 000 ménages en situation de désendettement, la commission de la Banque de France arrivant à résoudre un peu plus de la moitié des dossiers.

Les propriétaires surendettés ont près de 1,9 crédits immobiliers

Le surendetté propriétaire ne représente que 12,9 % des dossiers, et doit en moyenne 107 400 €. Rappelons que si de nombreuses sociétés de crédit se sont spécialisées dans le regroupement de dettes, elles préfèrent avant tout s’appuyer sur une garantie hypothécaire. Or les chiffres de la Banque de France montre que lorsqu’un ménage propriétaire est en état de surendettement, il doit rembourser environ 2 prêts immobiliers.

Ce cumul de dettes peut lui être fatal, particulièrement s’il les a souscrites avec un taux nominal élevé. Les mensualités des premières années comportent surtout des intérêts, et peu de remboursements de capital. Ainsi lorsque les difficultés financières se présentent, la différence entre la valeur marchande du bien immobilier et la dette en cours, n’est pas suffisante pour assurer une marge hypothécaire sur laquelle s’appuyer.

Le crédit renouvelable : l’inévitable boulet du panier du surendetté

La dette moyenne de l’ensemble des dossiers acceptés au 1er trimestre 2015, s’élève à 41 000 €. Les protagonistes qui n’ont pas de prêt immobilier supportent un endettement moyen de 27 200 €. Globalement parlant on est donc loin du ménage croulant sous les impayés, ce qui se confirme lorsque l’on tourne vers le cas par cas.

Les crédits à la consommation sont présents dans 84,6 % des dossiers traités par la commission de surendettement de la Banque de France, au 1er trimestre 2015. Ils sont en moyenne au nombre de 4,2, pour un montant de 21 100 €.

Ils sont surtout constitués de prêts de trésorerie, et particulièrement de crédits renouvelables. Ces derniers sont présents dans 68,9 % des dossiers, pour un encours moyen de 13 700 €, ce qui est très élevé. Dans la pratique les ménages trop confiants utilisent des cartes de crédit renouvelable pour effectuer leurs achats courants. Ils espèrent ainsi pouvoir passer un mauvais cap, mais en l’absence d’une gestion de leur budget ils abusent de ces facilités de paiement, souvent en en souscrivant une auprès de chaque grande surface.

Un autre habitué du passif du surendetté, est le prêt de trésorerie sans justificatif de paiement. On en trouve dans 46,8 % des dossiers, pour un encours moyen de 17 300 €. Le découvert bancaire est également une solution couramment utilisée par les ménages n’arrivant pas à joindre les 2 bouts, 58,3 % d’entre eux y ont eu recours, pour une moyenne de 1400 €.

Emprunter de la trésorerie pour payer ses mensualités

Au 1er trimestre 2015, les 2,4 prêts personnels souscrits par le surendetté moyen représentent 19,8 % de son endettement. Les crédits renouvelables pèsent 23 %, tandis que les prêts à la consommation affectés et autres LOA ne représentent que 0,9 % du panier.

La conclusion est simple : ces solutions de trésorerie rapide, faciles à obtenir et par conséquent chères, sont utilisées pour payer les dettes. Les ménages s’en servent également pour régler leurs charges courantes, mais sous la pression des sociétés de recouvrement finissent par ne plus régler les dépenses de la vie quotidienne. Les dettes de charges courantes sont présentes dans près de 82 % des dossiers du 1er trimestre, et concernent surtout le logement, les impôts, l’énergie et la communication.

Mais si l’on peut renseigner le consommateur sur les pièges à éviter lorsque l’on ne peut plus payer ses mensualités, les sociétés de crédit seront plus difficiles à convaincre.

De janvier à mars, l’ensemble des dossiers de surendettement contient 452,2 million d’euros de crédits renouvelables et 389,4 million d’euros de prêts personnels. C’est cela dit beaucoup moins qu’au 2e trimestre 2014, lorsque ces chiffres étaient respectivement de 517,2 million d’euros et 420,9 million d’euros. Difficile toutefois d’obliger certaines sociétés financières peu scrupuleuses de se passer d’une telle manne.

Une restructuration de dettes dans 36 % des cas

La commission de surendettement de la Banque de France ne fait pas de miracles. Elle accepte 90 % des dossiers, uniquement ceux dont les ménages ne disposent pas de la capacité financière suffisante pour s’en sortir. En aucun cas elle ne peut effacer les dettes, au mieux elle transmet le dossier au tribunal de grande instance, seul le juge pouvant décider que certains crédits ont été octroyés alors même qu’ils n’auraient pas dû l’être.

Le travail des membres de la commission consiste à négocier un étalement des remboursements auprès de tous les créanciers, afin d’abaisser les mensualités à un niveau acceptable pour les revenus des demandeurs.

Mais ils ne réussissent ce travail de négociation que dans 14 % des cas, la moitié des dossiers se conclut en imposant des mesures, tandis que 32 % se terminent par une procédure de redressement personnel, avec ou sans liquidation judiciaire.

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