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États-Unis : ces Américain qui n’arrivent pas à payer leurs dettes

La situation économique des États-Unis n’est pas bonne. Une récession attendue de -5% au 1er trimestre, un taux de chômage proche de 15 %, pour la première fois les européens font mieux. C’est dans ce contexte que le Urban Institue publie une carte interactive des défauts de crédit aux USA, avec statistiques ethniques.

Les statistiques ethniques sur l’endettement de Urban Institue

Les statistiques ethniques sont autorisés aux États-Unis, où la communautarisation est très forte. Le Think tank Urban Institute emploie les termes de « communautés blanches » (white communities) et « communauté de couleur » (community of color) sur sa carte interactive de l’endettement des ménages américains. Oublions le fait que le blanc soit aussi une couleur, et regardons cette carte qui met en évidence les fossés sociaux/raciaux/culturels du pays de l’oncle Sam.

Le salaire moyen des ménages ayant souscrit un credit auto est de 84 525 $ US. Dans cet ensemble le revenu moyen d’un ménage blanc s’élèverait à 91 450 $ US, contre 70 125 $ US pour un ménage non-blanc. Une différence de 25 % qui n’empêchent pas la famille américaine de base de consommer autant que son voisin.

Concernant les dettes médicales (oui vous avez bien lu : emprunter pour se soigner), le salaire moyen du ménage emprunteur américain est de 84 525 $. Pour les foyers blancs la barre monte à 91 450 $ et descend à 70 125 $ pour les non-blancs, soit une différence de +18 %.

Sans surprise ces écarts de revenus se retrouvent sur les problèmes d’endettement.

Davantage défaut de dette chez les américains « non-blanc »

Le Think Tank Urban Institute constate que 4 % des crédits auto et consommation sont en défaut de paiement. Toutefois la proportion monte à 6 % chez les non-blancs et descend à 3 % chez les blancs.

Mais ce qui frappe surtout, ce sont les chiffres des défauts de paiement des crédits médicaux. Il y aurait 16 % de remboursement en retard, dont 15 % pour les « communautés blanches » et 19 % pour les « communautés de couleurs ».

En revanche tout le monde semble être égal face à la dette qui pèse trop lourd sur les revenus. Le Urbain Institute constate ainsi que la dette médiane impayée est de 1614 $ pour la population blanche, contre 1643 $ pour la population non-blanche.

L’écart s’inverse lorsque l’on regarde la dette médicale impayée. Avec 603 $ en médiane les « nonwhite » s’en sortent mieux que les « white », qui doivent 678 $.

Les prêts étudiants qui pourrissent la vie des Américains

Le rêve américain se paye à crédit, mais pour qu’une entreprise accepte de réaliser celui d’un jeune diplômé il vaut mieux sortir d’une grande école. Et pour cela il faut avoir les moyens, car une université avec logement coûte aux alentours de 45 000 € par an aux États-Unis. Heureusement, il y a des prêts étudiant.

Le principe est simple : une banque ou une société de crédit paye les études d’un individu, ce dernier commencera à rembourser une fois son diplôme en poche. Cela s’appelle un report de mensualités et ça coûte cher.

D’après le Urban Institue le montant moyen de la dette d’un prêt étudiant s’élève à 18 615 $. Là encore on retrouve des statistiques ethniques, avec 18 866 $ pour les blancs et 17 183 $ pour les non-blancs. Avec une mensualité moyenne de 184 $/mois pour les premiers et 160 $/mois pour les seconds, le poids n’est pas bien lourd. Pourtant 13 % des prêts étudiants sont en défaut de remboursement, pour un montant moyen de 9843 $.

Dans le comté de San Juan (UTAH), le montant médian des prêts étudiants s’établit à 15 211 $, on compte 10 % de défaut de paiement. Dans le comté de St Lawrence (New York), les étudiants empruntent en médiane 16 669 $ et 12 % d’entre eux sont en défaut de remboursement.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.