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4 françaises parmi les plus grandes banques du monde

mise à jour: 22 novembre 2018
Classement des 30 plus grandes banques mondiales
Ces banques «too big to fail »

Le conseil de stabilité financière (Financial Stability Board) a rendu publique la liste des 30 plus grandes banques du monde, version 2018. Une faillite de l’une d’entre elles serait suffisante pour entraîner une nouvelle crise économique d’ampleur. L’année dernière elles étaient 3, cette année elles sont 4 françaises dans le classement.

Les 4 plus grandes banques françaises

Figurer sur la liste des 30 plus grandes banques mondiales n’est pas forcément une fierté. Car selon les accords de Bâle, les listés doivent respecter des règles strictes en termes de fonds propres. La liste est répartie en 5 pots appelés Bucket (seau en anglais), avec une dangerosité par ordre décroissant.

Ainsi la banque française la plus exposée au risque de faillite est la BNP Paribas, qui se situe dans le 2e pot. La liste parue sur le site FSB.org indique que l’enseigne doit augmenter ses fonds propres de +1,5 % pour sortir de la liste des banques à risque systémique. C’était également le cas l’année dernière, lorsque la BNP Paribas se situait déjà dans le 2e pot.

Aucune amélioration non plus pour la Société Générale et le groupe Crédit Agricole. Déjà lors de la version 2017 ces 2 grandes banques françaises se situaient dans le 1er pot, avec recommandation d’augmenter leurs fonds propres de +1 %. Mais cette année elles sont rejointes par le groupe BPCE, qui fait son entrée dans le classement avec les mêmes recommandations.

Pour info : les banques répercutent leurs besoins en fonds propres sur les tarifs de leurs prestations. Il est donc recommandé de consulter les prix de la concurrence plusieurs fois par an.

Les banques les plus dangereuses du monde

Le classement du conseil de stabilité bancaire n’est pas une récompense. Il est édité pour signifier au public le nom des banques qui doivent augmenter leurs réserves propres. On parle d’un matelas ou d’un tampon de capital (capital buffer).

Sans surprise c’est une banque américaine qui arrive à la 1ère place des mauvais élèves. JP Morgan Chase se trouve dans le 4e pot sur une échelle qui en compte 5. La banque d’affaires doit cette année augmenter son matelas de fonds propres de +2,5 %. Il y a toutefois peu de chances qu’elle fasse, car elle y était déjà obligée l’année dernière.

Toujours sans surprise, on trouve une banque Américaine dans le 3e pot. Citigroup s’y trouvait d’ailleurs déjà l’année dernière, avec déjà l’obligation d’augmenter ses fonds propres de +2 %. Elle n’est pas la seule, l’allemande Deutsche Bank et l’Anglaise HSBC lui tenaient compagnie dans ce classement en 2017. Elles y sont encore cette année.

Dans ce contexte il convient de saluer la performance de Bank of America, qui descend dans le 2e pot avec obligation d’augmenter ses fonds propres de +1,5 %. Inévitablement elle côtoie sa compatriote Goldman Sachs, une grande abonnée aux risques systémiques financiers.

Tout comme l’année dernière, Wells Fargo se trouve au même niveau ce qui porte à 3 le nombre de banques américaines dans le 2e pot. Il convient toutefois de noter la présence de Bank of China, la géante chinoise elle aussi très exposée aux risques financiers et source d’inquiétude pour l’économie mondiale.

Des bombes à retardement sous surveillance

Le 15 septembre 2008 les milieux financiers comprennent qu’une crise économique majeure est en train d’exploser. La banque Lehman Brothers vient de se déclarer en faillite, l’argent s’est évaporé et les caisses sont vides. Les investisseurs perdent leur mise, se trouvant alors dans l’incapacité de payer leurs dettes, plongeant leurs créanciers dans les problèmes financiers sous l’effet des dominos qui tombent un à un.

C’est ce que l’on appelle l’effet systémique, un risque que les banques centrales comptent désormais surveiller de près.

Lors de leur réunion d’avril 2009, les membres du G20 créent alors le conseil de stabilité financière. Objectif : mettre sur pied une liste des plus grandes banques du monde et les astreindre à des règles strictes. Désormais ces géantes devront posséder suffisamment de fonds propres pour absorber les chocs financiers.

Mais au moment où vous lisez cet article, des avocats fiscalistes de haut vol étudient de nouveaux mécanismes pour échapper au contrôle du conseil de stabilité financière. Les crises économiques sont venues des excès des banques et de leurs fonds d’investissement, et la prochaine n’échappera pas à la règle.

Fabien Belleinguer

Fabien Belleinguer

Éditeur chez Emprunter-Malin.com
Blogueur sur les thèmes de l'argent et l'immobilier depuis 2012, je suis radin, suspicieux, mais toujours poli. Autodidacte, je choisis mes sources d'information avec soin et les analyse en toute indépendance.
Fabien Belleinguer