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La crise économique est-elle terminée en 2021 ?

La France a vu sa croissance rebondir au 3e trimestre. Pour autant nous sommes toujours en récession par rapport à l’année dernière. Les spécialistes pensaient que la crise économique mondiale provoquée par le coronavirus Covid 19 serait intense et courte. Mais c’était avant la 2e vague qui oblige l’Europe à se reconfiner. Chaque mois Emprunter Malin fait le point sur la situation, en allant chercher les résultats et projections d’organismes fiables.

Crise économique : fini la récession en 2021 ?

D’après l’INSEE, le PIB (Produit Intérieur Brut) de la France a décollé de +18,2 % entre le 2e et le 3e trimestre 2020. Un chiffre en trompe-l’œil, car si l’activité économique a redémarré après le 1er confinement, elle reste à -4,3 % en dessous de l’année dernière.

On observe d’ailleurs le même phénomène dans beaucoup d’autres pays en consultant le tableau des comptes nationaux de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique). Ce tableau compare l’évolution du PIB de ses pays membres d’un trimestre à l’autre.

Au 3e trimestre 2020 on ne compte quasiment plus aucuns pays en récession apparente. En Italie le PIB a bondi de +16,1 %, après avoir régressé de -13 %. En Belgique la richesse nationale a redécollé de +10,7 % et plus généralement les 19 pays de la zone euro ont atteint une croissance moyenne de +12,7 % entre le 2e et 3e trimestre.

Oui mais voilà : une 2e vague est arrivée, et une 3e suivra peut-être avant que la majeure partie de la population ne soit vaccinée. Au total, 12 pays européens ont imposé des mesures à leur population. En conséquence, la France sera très probablement de nouveau en récession à la fin du 4e trimestre 2020.

Quel est le bilan à la fin de l’année 2020 ?

Pour rappel, le produit intérieur brut d’un pays équivaut à son bénéfice, à savoir la différence entre ses rentrées d’argent (impôts et taxes, dividendes) et ses dépenses. D’après l’OCDE, au 3e trimestre 2020 le PIB de la France s’établissait à 2 798 milliards de dollars.

Mais pour la Commission Européenne, ce montant devrait fondre de -9,4 % en 2020, par rapport à 2019. La seconde vague de Covid 19 a mis fin aux espoirs de relance rapide. Au final les pays de la zone euro afficheront une récession moyenne de -7,8 % à la fin de l’année. L’année prochaine, si tout va bien, la croissance moyenne s’établira à +4,2 %.

Avant la 2e vague, la Banque de France pensait que le PIB français ne reculerait que de -8,7 % cette année, et qu’il rebondirait de +7,4 % en 2021. Mais ça c’était avant le reconfinement dû à la 2e vague de coronavirus. D’après le gouverneur François Villeroy de Galhau, l’économie française se contractera une nouvelle fois au 4e trimestre.

Selon le Fonds Monétaire International (FMI), la chute du PIB mondial se limitera à -4,4 % en 2020. Au final, les richesses produites dans le monde auront baissé de 11 milliards d’euros.

Pour info : un autre indicateur de la santé financière d’un pays est le montant de  l’argent qui dort dans les coffres des banques.

Quelles sont les mesures pour endiguer la crise économique ?

La Réserve Fédérale Américaine a annoncé jeudi 5 novembre qu’elle conservait la même politique monétaire. À savoir, injecter un maximum d’argent dans le système sous la forme de prêts à 0,25 %. En tout, la Fed dépense au moins 120 milliards de dollars (101,5 milliards d’euros) par mois pour relancer l’emploi et la consommation aux États-Unis. Toutefois l’institution reste optimiste sur une croissance américaine en 2021 due à la vaccination.

De son côté la Banque Centrale Européenne ne fait pas non plus dans la dentelle. Après avoir annoncé un plan de sauvetage à 1350 milliards d’euros, l’institution de Francfort va finalement rajouter 500 milliards d’euros. Et pour cause : les prêts non-performants, c’est-à-dire les crédits que les emprunteurs particuliers et privés ne peuvent plus rembourser, pourraient atteindre 1400 milliards d’euros.

L’Union Européenne s’est entendue pour mettre en œuvre un plan de relance historique de ses pays membres. Proche du principe de la mutualisation, les états se partageront 750 milliards d’euros afin de lutter contre la récession. Sur ce montant, 390 milliards d’euros seront remboursés par l’ensemble des 27.

Quelles sont les effets de la crise économique pour les français ?

L’argent va donc couler à flots en zone euro. Or plus il y a d’argent, moins l’argent est cher. Au cours des 3 dernières années, ce phénomène a eut pour effet de faire baisser les taux des crédits à la consommation et les taux immobiliers.

Cependant et par tout un jeu de mécanismes, les taux des crédits bancaires dépendent du coût de la dette française remboursable à 10 ans. Or la récession mondiale aggrave le poids de la dette des états.

Pour la Commission Européenne, la dette publique de la France devrait grimper à 116 % du PIB en 2020. Même si la croissance sera de retour au cours des 2 années suivantes, la dette française continuera de grossir.

La bonne nouvelle est que les Français empruntent à taux négatif, ce qui signifie qu’ils remboursent moins qu’ils ont emprunté. Au 06 janvier 2021 les obligations assimilables du Trésor remboursable à 10 ans (OAT 10 ans), clôturaient à -0,329 %.

Jusqu’ici il était donc difficile d’imaginer que les banques soient en mesure d’abaisser les taux de leur crédit. Et pourtant c’est ce qu’elles ont dû faire, face à une forte demande qui se heurte aux prix du m². Les taux immobiliers sont donc redescendus en novembre, il est probable que la tendance soit à la stabilité en 2021.

À partir de 2016 le faible coût de l’argent a boosté le marché de l’immobilier. Les prix se sont mis à décoller, toutefois l’histoire montre que la valeur de la pierre redescend en période de crise économique.

Cependant c’est tout le contraire qui a l’air de se produire. La crise de l’immobilier n’a pas eu lieu et n’aura pas lieu, les prix du m² pourraient continuer leur ascension cette année avec des différences plus ou moins marquées entre les villes.

Et puis, il y a le chômage. Beaucoup de salariés vont se retrouver en chômage partiel, ils percevront 84 % de leur salaire net jusqu’à la fin de l’année. Les 15 % restant seront à la charge de l’employeur, ce qui ne sera pas sans conséquences.

Selon le directeur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, 800 000 emplois ont été détruits en 2020. La crise économique provoquée par le coronavirus devrait donc faire bondir le chômage à 11 % en début 2021, pour le réduire à 10 % d’ici à 2022, avec beaucoup de conséquences sur le revenu des ménages français.

Enfin, en période de crise économique le coût de la vie a tendance à baisser. En décembre l’inflation était nulle et il n’est pas impossible que les prix baissent au cours des prochains mois. Ils remonteront peut-être au 2e semestre 2021 lorsque la population à risque sera vaccinée.

L’effet de la crise économique sur la bourse et l’or

En 2019 l’indice CAPE (Cyclically Adjusted Price to Earnings) développé par le prix Nobel d’économie Robert Schiller pointait du doigt le danger d’une bulle boursière. Pour faire simple, plus cet indice est élevé et plus le danger d’un éclatement de la bulle financière est proche.

Les efforts des banques centrales pour faire redémarrer l’économie, ont au moins eu pour effet de booster les places boursières. En supplément les États-Unis ont déjà commencé à vacciner massivement, et le vaccin de Moderna vient d’être accepté dans l’Union Européenne.

Le 06 janvier 2021 L’indice CAPE est à 34,12 soit son 2e plus haut niveau jamais atteint. Traduction : les efforts des banques centrales font redémarrer les places boursières vers leurs sommets d’avant coronavirus, avec risque d’une crise financière.

Au final le 06 janvier 2021 le Dow Jones américain progresse de +0,73 % par rapport au 1er janvier, le CAC 40 accusait +1,43 % tandis que le Dax allemand se situait à +1,26 %.

C’est dans ce contexte que le cours de l’or a battu son record le 05 août, pour atteindre 2063 US$ l’once (28,35 g). Le 04 janvier il était remonté à 1907 US $.

Les grands investisseurs considèrent que le danger est derrière nous. Si l’or est toujours une valeur refuge ils se tournent surtout vers la bourse, avec tous les risques que cela comporte.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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Lylly
27 avril 2020 18 h 24 min

Bonjour qu’en est il des bourses étudientes ? Je veux dire est ce qu’on pourra continuer à se créer un avenir ?

chapron sylvie
17 avril 2020 20 h 25 min

bsr serait ce que si la crise attendue arrive l’immobilier va s’écrouler complètement ou l’inverse ,qu’en ait il pour les transactions immobilières en cours?n y aura-t- il plus de garantie pour l ‘argent placé par exemple sur1assurance vie et celui -ci serait -il bloqué ou est ce qu’il y aura1plafond… Lire la suite »

christqui
14 avril 2020 15 h 16 min

Bonjour Sur le point de partir en retraite (fonctionnaire de la FPH), je suis inquiète de la situation économique actuelle. En effet si récession il y a , les retraités seront certainement mis à contribution, et d’un autre coté attendre pour prendre sa retraite n’expose t’il pas au risque de… Lire la suite »

Alessandra
9 avril 2020 13 h 13 min

Bonjour, Je suis en train de quitter pour emploi salarié par rupture conventionnelle pour création d’entreprise prévue en 2021. Je n’ai pas encore obtenu les financements nécessaires à mon prévisionnel. Dans les conditions actuelles, avec une crise économique à venir, pensez-vous que les banques s’engageront à prêter aux créateurs ?… Lire la suite »

Delecluse
1 mars 2020 21 h 34 min

Comment protéger une tresorerie d’entreprise très positive face au risque imminent d’une importante crise économique mondiale ?

Gibaud gilles
7 juin 2019 21 h 45 min

comment protéger notre liquidité en banque ,à partir de quelle somme nous avons des garanties par banque