AccueilLe crédit immobilierLes taux des crédits vont-ils remonter en 2021 ?

Les taux des crédits vont-ils remonter en 2021 ?

La BCE (Banque Centrale Européenne) injectera 1850 milliards d’euros pour relancer l’économie de la zone Euro, en plus d’une politique monétaire déjà accommodante. L’institution reconduit son taux de refinancement à 0 % et conserve son taux de dépôt négatif. A priori ces mesures combinées aux efforts des banques maintiendraient les taux des crédits immobiliers et consommation à de bas niveau en 2021, malgré l’impact de la pandémie sur la dette des états.

Quel rapport entre la BCE et les taux des crédits ?

Pour lutter contre la crise économique en zone euro causée par l’épidémie de Covid-19, la Banque Centrale Européenne a mis sur pied un massif rachat de dettes des états et des entreprises. Appelé APP en anglais pour Asset Purchase Program, en français on dit plutôt programme d’achat d’actifs.

Le budget est de 1850 milliards d’euros qui seront dépensés d’ici à mars 2022, et davantage au-delà si nécessaire.

L’argent se mit donc à circuler depuis 1 an, il y en eut même tellement qu’il devint moins cher. Les banques purent alors baisser les taux de leurs crédits immobilier et consommation, à des niveaux jamais vus depuis des décennies.

Ainsi au sortir de la crise économique et sanitaire, l’encours des crédits à l’habitat avait augmenté de +5,9 % en avril 2021, s’établissant à 1156 milliards d’euros. Celui des crédits à la consommation enfle de +3,3 % avec 189 milliards d’euros dus par les ménages français (source : Banque de France parution juin 2021).

Que vont faire les taux des crédits en 2021 face au Covid19 ?

La Banque Centrale Européenne (BCE) sort l’artillerie lourde avec son programme d’aide d’urgence Pandemic Emergency Purchase Programme (PEPP). L’enveloppe totale atteint ainsi 1850 milliards d’euros pour combattre la crise économique provoquée par la pandémie. Cet afflux d’argent pourrait bien conserver les taux immobiliers à de bas niveaux au cours de l’année 2021.

Mais le covid-19 a obligé l’État français à confiner sa population et à stopper son économie. Bercy devra également mettre la main à la poche pour indemniser entreprises et petits commerçants, sans quoi le pays se retrouverait à genoux.

Ces indemnisations sous-entendent de s’endetter davantage, ce qui devrait faire grimper le niveau de danger de la dette française. Là-dessus vient s’ajouter le plan de relance économique de Joe Biden, qui par tout un mécanisme financier fait grimper le coût de la dette française.

Il reste toutefois très faible, le 16 juin 2021 le rendement de la dette française à 10 ans se situait à 0,136 %. Les grands investisseurs (fonds de pensions, assureurs…) ont donc toujours confiance en l’économie française, à un tel point qu’ils acceptent de percevoir un rendement insignifiant.

Le graphisme montre que le taux de rendement de la dette française à 10 ans remonte lentement, ce qui en théorie pourrait faire stabiliser les taux immobiliers. Il pourrait difficilement rester de la marge aux banques pour qu’elles continuent d’assouplir leurs conditions.

Dans son communiqué de presse mensuel sur ses décisions de politique monétaire, la BCE annonce maintenir son taux de refinancement à 0 %, ce qui devrait favoriser le maintien des taux bancaires à de bas niveau. Mais ce n’est pas tout : l’institut de Francfort annonce que ses achats d’actifs « se poursuivront à un rythme nettement plus élevé au cours du trimestre à venir que pendant les premiers mois de l’année ».

Ce renforcement de l’intervention de la BCE pourrait fort bien faire baisser le coût de la dette française à 10 ans. Les taux d’emprunt immobilier devraient donc rester bas en 2021.

Profils15 ans20 ans25 ans
Très bon (1er groupe)0,62 % 0,77 % 0,94 %
Bon (2e groupe)0,78 % 0,90 % 1,10 %
Moyen (3e groupe)0,89 % 1,00 % 1,22 %
Moins bon (4e groupe)1,14 % 1,26 % 1,45 %

Les banques devront soutenir le marché immobilier

Les taux des crédits au rabais ont effectivement relancé l’immobilier. À un tel point que l’INSEE a constaté une hausse de +5,1 % sur les prix des appartements anciens au 1er trimestre 2021. Sur cette même période, les maisons anciennes ont gagné +6,5 % et les notaires conseillent de vendre plutôt que d’acheter.

La hausse des prix de l’immobilier thèse clairement sur la capacité des ménages français à acheter leur logement. D’après l’observatoire CSA/Crédit Logement et le baromètre LPI, la surface achetable au 1er trimestre 2021 n’a augmenté que dans dans 20 % des villes.

Les moins chanceux étaient les nouveaux propriétaires de Mulhouse qui ont vu leur surface achetable diminuer de -14 m². Cela suffirait presque à faire avaler la pilule aux acheteurs d’Angers qui ont perdu 8 m². Avec de tels chiffres les nouveaux propriétaires de Caen se contenteront de leur -0,4 m².

Mais il y a également eu les chanceux, comme à Perpignan où les nouveaux propriétaires ont pu acheter 6 m² de plus que leurs prédécesseurs de l’année dernière. À Annecy les acheteurs ont été contents de s’installer dans 4 m² supplémentaires. Une fois n’est pas coutume, le pouvoir d’achat immobilier a augmenté à Paris, pour 4 m² de confort supplémentaire.

Les banques vont donc encore et toujours se trouver dans l’obligation d’aider le marché immobilier pour ne pas le gripper. Elles le feront au moyen de conditions de crédit avantageuses.

Fabien Belleinguer
Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement. Si vous avez des questions, contactez-moi.
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