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Emprunter pour se marier, est-ce bien raisonnable ?

Se marier coûte cher, à un tel point que les jeunes couples songent à emprunter pour financer ce jour de fête. Les banques le savent et proposent des formules qui leur permettront de conserver cette jeune clientèle, prometteuse d’une longue relation commerciale. Mais à la réflexion, est-il bien logique de souscrire un crédit pour son mariage ?

Budget mariage moyen : 7670 €

Cette année les Français risquent de dépenser 472 € de moins que l’année dernière pour se marier, c’est ce que révèle la dernière édition du Sofinscope. En moyenne ils prévoient 7670 € pour le plus beau jour de leur vie, entourés de 62 invités.

Mais ce budget reste élevé pour les personnes interrogées, à un tel point que 54 % des couples estiment que les dépenses liées au mariage les incitent tout simplement à y renoncer. Ce qui fait que seuls 36 % des Français non mariés envisagent de se passer la bague au doigt. Pour autant cette proportion monte à 60 % chez les moins de 35 ans.

Mais la soirée se devra d’être inoubliable : 50 % du budget d’un mariage sera consacré au repas, contre seulement 3 % pour les alliances. En moyenne les futurs mariés vont dépenser 697 € pour une bague de fiançailles, soit 52 € de moins que l’année dernière.

Épargne, parents et crédit mariage

D’après la dernière édition du Sofinscope, lorsqu’on leur demande comment ils vont financer leur mariage, 85 % des sondés mentionnent leur épargne personnelle. Mais comme cela ne suffira pas, 62 % des futurs mariés comptent sur l’aide des proches comme dans toutes les étapes de leur vie.

Mais la solidarité joue aussi, ils sont 35 % à penser au financement participatif pour financer leur mariage. La moitié d’entre eux déposera une liste de mariage pour un montant moyen de 3776 €. Quant aux invités, ils consacreront 163 € pour le cadeau aux mariés.

Il reste que 42 % d’entre eux pensent à emprunter pour se marier. Le prêt pour mariage peut prendre la forme d’une avance de trésorerie, qui dans certains cas sera basée sur le principe du crédit à la consommation affecté à un achat précis.

Il est donc possible d’obtenir un taux d’intérêt avantageux, si l’on présente des devis signés par des professionnels (traiteur, loueur de la salle, bijoutier…). Car les établissements financiers voient dans le prêt mariage un bon moyen pour attirer de nouveaux clients chez eux.

Il pourrait par exemple leur demander de domicilier leurs revenus dans une de leurs agences, sachant très bien que les jeunes mariés n’auront qu’un seul projet en tête : acheter un logement.

Et même s’ils tardent à le faire, pendant de nombreuses années ils continueront à payer des frais bancaires à l’agence où ils sont domiciliés.

Pour info : le taux moyen du crédit à la consommation amortissable s’est établi à 3,61 % en janvier 2021 (source : Banque de France parution mars 2021).

Emprunter pour se marier : cet illogisme économique

Alors que même 37 % des couples en PACS pensent à se passer la bague au doigt, les banques et sociétés de crédit communiquent sur le mariage. Car chez les personnes en couple mais non mariés, 46 % songent sérieusement à franchir le pas.

Mais le crédit pour mariage est-il bien logique ?

S’ils empruntent pour financer la cérémonie et la soirée, les jeunes mariés commencent alors leur union officielle par des mensualités qui viendront se déduire de leurs revenus. Ces échéances affecteront leur reste à vivre, et donc leur capacité d’emprunt.

Ainsi le remboursement de ce prêt mariage pourrait les empêcher de devenir propriétaire avant quelques années. Quand on n’a pas d’argent mais que l’on souhaite quand même se marier, mieux vaut demander aux invités d’amener à boire, à manger, et le plus important : leur amitié.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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