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Acheter en viager : un bon plan immobilier ?

Il est possible d’acheter en viager immobilier libre ou occupé. Dans le premier cas l’acquéreur pourra occuper ou louer le logement immédiatement, dans le 2e cas il devra attendre le décès de l’occupant. Une opération immobilière très encadrée par la loi, et pour laquelle il est bien difficile de prédire un retour sur investissement.

Différences entre viager libre et viager occupé

Un particulier cherchant une résidence principale ou un investissement locatif, choisira le viager libre. Dans cette configuration le vendeur n’occupe pas les lieux.

Un particulier souhaitant acheter de l’immobilier pour revendre plus cher sur le moyen ou long terme, choisira le viager occupé. Dans cette configuration le vendeur occupe le logement jusqu’à son décès.

Une fois cet événement survenu, l’acheteur pourra prendre possession des lieux et donc mettre en location ou vendre. L’achat d’un viager occupé peut donc se faire longtemps à l’avance, en prévision d’une meilleure pension de retraite.

Dans le cadre d’un viager libre, l’entretien et la réparation sont à la charge de l’acheteur. Dans un viager occupé, c’est le vendeur qui en est responsable.

La taxe foncière doit être payée par l’acheteur, toutefois les 2 parties peuvent en décider autrement. Dans le cadre d’un achat en viager occupé, le paiement de la taxe d’habitation et le règlement des factures d’énergie revient à la charge du vendeur. Si le viager est libre, c’est à l’acheteur de les payer.

Acheter en viager, combien ça coûte ?

La vente d’un bien immobilier en viager inclut 2 composantes :

  • Le versement d’un bouquet, c’est-à-dire un capital initial directement encaissé par le vendeur.
  • Le versement d’une rente mensuelle, jusqu’au décès du vendeur.

Le montant de la rente se calcule en déduisant le bouquet du prix de vente, puis en appliquant un coefficient de mortalité. Le calcul doit être effectué par un notaire à l’aide d’un barème établi par décret, selon les principes suivants :

  • Plus le vendeur est âgé, plus la rente est élevée.
  • Plus le montant du bouquet est important, moins la rente est élevée.
  • S’il s’agit d’un viager occupé, la rente est moins élevée.
  • S’il s’agit d’un viager libre, la rente est plus élevée.

En effectuant quelques recherches sur Internet le 05 août 2020, nous trouvons une maison de 5 pièces sur 99 m², à Villes-sur-Auzon (84). La propriétaire âgée de 67 ans n’occupe pas les lieux, elle propose sa maison en viager libre pour un bouquet de 23 650 € assorti d’une rente de 550 €/mois. La valeur du bien immobilier est estimée à 130 000 €.

Toujours en viager libre, nos recherches nous amènent vers cette dame de 88 ans. Elle souhaite laisser sa maison de 3 pièces et 80 m² au Château d’Oléron (17). L’édifice est estimé à 150 000 €, le viager libre est disponible pour un bouquet de 39 750 € complété par une rente de 740 €/mois.

En viager occupé nous trouvons une maison de 140 m² et 5 pièces à Drancy (93). Il s’agit d’une maison contemporaine très bien entretenue, habitée par un homme de 73 ans. Le tout est proposé contre un bouquet de 80 500 € et une rente de 1159 €/mois. La maison est estimée à 420 000 €.

Mais il y a encore moins cher. Cette dame de 78 ans et son mari de 77 ans souhaitent vendre leur appartement en viager occupé. Ce 59 m² pour 3 pièces se situe à Royan (17) et est estimé à 200 000 €. Le couple en demande un bouquet de 49 000 € assorti d’une rente de 479 €/mois.

Sur ces montants il convient d’ajouter les droits de mutation, les émoluments du notaire et autres frais, toujours à la charge de l’acheteur.

Le viager, combien ça rapporte ?

Il est évident que le décès du vendeur est à l’avantage de l’acheteur, qui devient alors immédiatement propriétaire sans avoir un seul centime supplémentaire à verser. Cette configuration peu élégante fait qu’il n’existe pas de chiffres officiels. D’autant plus que cette opération est destinée à être à l’avantage du vendeur, par exemple pour se sortir d’une situation financièrement difficile.

Plus le vendeur décède tôt, plus l’acheteur réalise un retour sur investissement. Une vérité plutôt indélicate, mais qui protège surtout le premier qui n’est pas décidé à partir pour faire plaisir à l’investisseur.

Dans cette configuration, les particuliers recherchant le rendement avec moins de risques, pourraient se tourner vers le placement en SCPI. Eu égard à la conception même de cette opération, il n’existe aucun chiffre officiel concernant le rendement du viager immobilier. Il existe également très peu d’enquêtes rendues publiques.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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