Accueil Assurances crédits Prêt immobilier : assurance de groupe ou délégation d’assurance ?

Prêt immobilier : assurance de groupe ou délégation d’assurance ?

Dans un prêt immobilier, le choix de l’assurance emprunteur s’apprécie sur la situation globale de l’emprunteur. Son âge et son état de santé sont loin d’être les seuls paramètres, il convient d’analyser les situations au cas par cas. Le choix entre une assurance de groupe ou une délégation d’assurance ne doit pas non-plus se faire uniquement en fonction du coût. C’est ce que nous explique Walter Maio, formateur aux métiers du crédit et de l’assurance chez FORMATIOB.

Âge avancé, risque de santé, assurance de groupe ou délégation d’assurance ?

Dès lors que l’on sort de la norme, le coût du risque est augmenté et ce que l’on soit en assurance groupe ou en délégation d’assurance. En revanche, il est vrai que, dans ce cas, l’assurance groupe sera moins contraignante que la délégation extérieure et voici pourquoi.

Les assurances groupe sont calculées sur le principe de la mutualisation des risques. En d’autres termes, les personnes en bonne santé s’approprient le risque des personnes à la santé plus fragile. De manière caricaturale, nous pourrions dire que les jeunes en bonne santé paient pour les plus âgés en plus mauvaise santé. Ainsi, le prix des cotisations est calculé en fonction d’un risque moyen pour tous les assurés.

Au contraire, les délégations extérieures établissent une tarification personnalisée à un instant T. Dès lors, les personnes moins à risque auront une tarification plus avantageuse dans ce cadre qu’en passant par une assurance groupe. A contrario, les personnes plus âgées et/ou présentant des risques de santé verront leur taux augmenter de manière drastique si elles passent par une délégation extérieure.

Mais l’âge et l’état de santé ne sont pas les seuls critères à avoir une incidence sur la tarification de l’ADE (Assurance Des Emprunteurs) et se limiter à ces deux éléments pour déterminer un coût serait aller un peu vite en besogne.

Pour info : si l’emprunteur a tout intérêt à choisir l’assurance de son crédit immobilier avec réflexion, dans la réalité les banques ne lui en laissent pas l’opportunité, comme en témoigne cet article des Échos.

Quand on pratique un sport ou un métier à risques

La pratique sportive et/ou le métier exercé sont également à prendre en considération dans le choix de la compagnie d’assurance.

Concernant le sport, bien que celui-ci soit considéré comme bénéfique en termes de santé, il représente un risque pour les compagnies d’assurance. En effet, la pratique sportive augmente le risque de blessure.

En pratique, les compagnies hors groupe raisonnent généralement par exclusion. En d’autres termes, la liste des sports exclus est bien plus importante que celle des sports admis. Sur ce point, il est également important de comprendre que ce n’est pas le fait d’être titulaire d’une licence qui caractérise la pratique d’une activité sportive, mais sa récurrence.

Bien entendu, certaines de ces exclusions peuvent être rachetées mais cela entraîne une augmentation de la prime d’assurance.

Le métier exercé est également un facteur important. En effet, certains métiers sont considérés comme à risque et entraînent une majoration de la prime.

Exemples : les métiers dits manuels qui nécessitent le port d’éléments de sécurité ou qui imposent la manipulation de charges lourdes. Les métiers nécessitant le recours à une arme de service. Le transport de matières inflammables.

Une assurance emprunteur adaptée à sa situation

L’assurance de prêt couvre la banque mais aussi et surtout l’emprunteur, qui sera protégé des aléas qu’il pourrait rencontrer pendant la durée de son prêt. Elle évite aussi de transmettre une dette aux héritiers en cas de décès.

L’assurance est un élément clef de la protection de sa famille. Elle préserve ses chances de conserver le bien qu’il va acheter en cas de perte brutale de revenus à la suite d’une invalidité ou d’une incapacité.

Par conséquent, au-delà du coût, c’est le devoir de conseil qui doit être mis en avant.

Bien qu’il y ait une certaine harmonisation des pratiques, il peut encore y avoir des différences sur les couvertures proposées et le principe d’indemnisation des emprunteurs. Un mauvais choix au regard de la situation globale du client peut entraîner des conséquences parfois dramatiques, où la prise en charge peut être minime voire inexistante.

À cet égard, les 3 points ci-dessous peuvent à eux-seuls faire toute la différence :

  • L’assuré est-il couvert pour une IPT (Invalidité Permanente Totale) ou une IPP (Invalidité Permanente Partielle) ?
  • Comment se déroule la prise en charge des MNO, (Maladies Non Objectivables) comme l’épuisement professionnel ou la dépression ?
  • L’indemnisation se fait-elle sur la base d’un principe forfaitaire ou indemnitaire ?

Cotisation sur le capital initial ou sur le capital restant ?

En pratique, nous pouvons trouver des cotisations sur CRD (Capital Restant Dû) ou sur CI (Capital Initial) dans les assurances de groupe, tout comme dans les délégations d’assurance.

Afin de déterminer la base de calcul de la prime la plus intéressante pour l’emprunteur, il convient de s’interroger sur le projet des clients. Envisagent-ils une vente rapide ? Souhaitent-ils aller au bout du crédit ?

En effet, le coût d’une assurance sur CRD peut être intéressant si l’on va jusqu’au terme du prêt. En revanche, en cas de revente rapide il est plus économique d’opter pour une assurance sur CI.

Car s’il est vrai qu’habituellement le calcul des primes sur CRD est dégressif, les cotisations sont néanmoins majorées en début de prêt, le risque étant plus important. C’est le moment où le capital emprunté est au plus haut, par conséquent en cas de sinistre le montant à rembourser par la compagnie d’assurance sera plus important.

En d’autres termes, les emprunteurs « surpaient » ladite prime en début de prêt. L’équilibre se fait généralement à 10 ans puis la courbe s’inverse.

Certes, au terme des 10 premières années les emprunteurs auront pris de l’âge et accru leur risque de santé, mais le capital aura bien diminué. Ainsi, le coût total de l’assurance sur CI au terme des 10 premières années s’avérera plus faible que sur CRD.

Walter Maio

Après 18 ans au sein d'une Banque Spécialisée, j'ai rejoint Format'IOB en tant que Formateur. Notre Centre de Formation est spécialisé dans les métiers du crédit et de l'assurance.

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