Accueil Justice et alertes Risque de crise économique en 2020 : ces signaux alarmants

Risque de crise économique en 2020 : ces signaux alarmants

Bourse de New York

Les solutions mises en œuvre par les banques centrales pour faire sortir le monde de la crise économique de 2008, pourraient bien provoquer celle de 2020. Entre les endettements des états et les bourses mondiales surévaluées, certains économistes tirent la sonnette d’alarme. Car en plus des signaux inquiétants, personne ne semble se soucier de la masse de cryptomonnaie qui pourrait s’évaporer en quelques jours.

Les banques centrales ont-elles amorcé la prochaine crise financière ?

Lorsque la crise financière est apparue aux États-Unis en 2007, la banque centrale américaine, la Fed, a mis les bouchées doubles. Mais cela n’a pas suffi.

Malgré un taux de chômage à 3,6 % en août 2019, la guerre commerciale de Donald Trump fait trembler les marchés. La Fed est obligée de réinjecter une bonne centaine de milliards d’euros en urgence, et ce n’est peut-être pas terminé.

De son côté la Banque Centrale Européenne (BCE) relance sa politique monétaire face aux risques de ralentissements économiques. L’argent continue d’être moins cher dans la zone euro, ce qui a pour effet de faire baisser les taux des crédits à la consommation et les taux immobiliers.

Mais le robinet monétaire a également fait grimper les prix de l’immobilier en France, sans vraiment créer d’inflation (+1 % en novembre 2019 source INSEE). Il a aussi fait exploser les dettes des états de la zone euro, et de nombreuses voix parmi les économistes les plus sages préviennent d’un danger d’éclatement de la bulle.

Mais les gouvernements successifs n’ont pas été les seuls à profiter de ce flux d’argent pas cher, les places financières mondiales s’en sont données à cœur joie.

La bourse américaine complètement surévaluée

Quand l’argent n’est pas cher, les placements classiques ne rapportent rien. Alors les grands investisseurs comme les fonds de pension se tournent vers la bourse. Résultat, les indices boursiers enchaînent les records.

L’indicateur phare est l’indice CAPE (Cyclically Adjusted Price to Earnings), développé par le prix Nobel d’économie Robert Schiller. Sa valeur se calcule en divisant la valeur boursière par la moyenne des bénéfices annuels sur 10 ans.

Le 1er août 1929 l’indice CAPE se situait à +31, quand 2 mois plus tard survint le krach boursier du jeudi 24 octobre 1929. Le 1er décembre 1999 il pointe à +44, puis en mars 2000 arrive l’éclatement de la bulle Internet.

Au 1er novembre 2019 il atteignait +29,82, au-dessus du niveau qu’il avait lors du déclenchement de la crise économique de 2007 aux États-Unis.

Un krach boursier ne serait donc pas une surprise, ce qui plongerait certaines banques dans les ennuis financiers, à commencer par ces géantes qui ne résisteraient pas à une crise économique.

C’est d’ailleurs ce que pense Nouriel Roubini, le professeur d’économie qui avait prédit la crise financière de 2007 aux États-Unis, lors d’une conférence le 7 septembre 2006. À cette époque il en avait fait rire beaucoup, ceux-là mêmes qui aujourd’hui boivent ses paroles.

Alors bien sûr quand l’ancien conseiller de Bill Clinton avertit sur les réactions irrationnelles des bourses mondiales, le monde tremble.

Et quand la cryptomonnaie ne vaudra plus rien

Il y aurait plus de 120 milliards de dollars en Bitcoins, 14 milliards en Ethereum et 8,5 milliards en XRP dormant sur des disques durs.

Mais il ne s’agit que des 3 premières, en tout le site coinmarketcap.com recense une centaine de monnaies virtuelles en usage dans le monde. Et comme il s’agit justement de monnaie virtuelle échappant au contrôle de toute banque centrale, il pourrait en avoir davantage.

Or au contraire de l’argent qui dort dans les coffres des banques, ce ne sont que quelques lignes de code informatique stockées sur des clés USB et/ou des serveurs distants. Et comme il est difficile d’échanger de la cryptomonnaie contre des biens et des services, les EOS, Teher et autres Dash sont surtout des produits spéculatifs.

Leur valeur est déterminée par le prix que des acheteurs sont prêts à mettre sur la table pour en posséder. Plus il y a d’acheteurs et plus les prix montent. Et comment appelle-t-on un environnement économique artificiellement gonflé par la spéculation ? Une bulle financière.

Or si effectivement une crise économique survient en 2020, les possesseurs de cryptomonnaie pourraient procéder à des ventes massives dans le but de récupérer de l’argent liquide. Cette manœuvre ferait inévitablement dégringoler la valeur de toutes ces monnaies électroniques, ce qui pourrait déboucher sur une évaporation pure et simple de 100 milliards de dollars.

De quoi faire chauffer les rotatives des banques centrales pour refabriquer de la monnaie, monnaie qui sera distribuée dans le circuit financier pour relancer la machine, et la boucle sera bouclée.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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Gibaud gilles

comment protéger notre liquidité en banque ,à partir de quelle somme nous avons des garanties par banque