Accueil Justice et alertes Risque de crise économique en 2020 : ces signaux alarmants

Risque de crise économique en 2020 : ces signaux alarmants

Le coronavirus Covid-19 pourrait bien provoquer une crise économique mondiale en 2020. L’INSEE et l’Union Européenne s’attendent à une récession, même Donald Trump est pessimiste. Certes les bourses mondiales remontent sous l’effet des mesures des banques centrales, mais uniquement pour revenir à leurs valeurs surcotés d’avant la pandémie. Tandis que les investisseurs se précipitent sur l’or, personne ne voit le danger que représentent les cryptomonnaies.

Les banques centrales pourront-elles empêcher la prochaine crise financière ?

Le coronavirus Covid-19 a provoqué le ralentissement de l’activité économique en Chine, la production a notamment baissé pour la première fois depuis 30 ans. Par effet domino les bourses mondiales commencèrent à glisser, pour carrément dégringoler lorsque la pandémie s’installa clairement en Europe et aux États-Unis.

Alors face à ce monumental arrêt des échanges commerciaux, la Réserve Fédérale Américaine sort l’artillerie lourde. Dans un communiqué paru lundi 23 mars, avant l’ouverture des bourses, la Fed annonce racheter les dettes des entreprises, des banques, des villes, ainsi que des agences gouvernementales, pour un montant illimité.

Plus nuancée, la Banque Centrale Européenne annonce le 19 mars 2020 qu’elle va injecter 870 milliards d’euros dans l’économie soit 7,3 % du PIB de la zone euro. Pour les structures qui souhaiteraient se refinancer, la BCE met à disposition 3000 milliards d’euros au taux d’intérêt négatif de -0,75 %.

Des mesures qui semblent avoir un effet mitigé sur les principales places boursières mondiales. Le 31 mars 2020 le Dax allemand clôturait à +2,28 %, le CAC 40 affichait +1,52 % et le Nasdaq composite gagnait +3,62 %. Mais il reste du chemin à parcourir, car toutes ces valeurs ont fortement reculé depuis le 1er janvier.

Depuis le début de l’année le Dow Jones a perdu -21 %, le FTSE 100 anglais affiche -25 %, le Shanghai composite chinois est encore celui qui s’en sort le mieux avec -10 %. Mais la mise à jour quasi quotidienne de cet article montre que les indices boursiers sont en train de s’acheminer vers leur niveau d’avant crise, et c’est bien là le problème.

Conséquence de la masse d’argent produite par les banques centrales

L’argent va donc couler à flots aux États-Unis et en zone euro. Or plus il y a d’argent, moins l’argent est cher. Au cours des 2 dernières années, ce phénomène a eut pour effet de faire baisser les taux des crédits à la consommation et les taux immobiliers.

Mais le robinet monétaire a également fait grimper les prix de l’immobilier en France, sans vraiment créer d’inflation (+1,4 % en février 2020 source INSEE). Il a aussi fait exploser les dettes des états de la zone euro, et le coronavirus ne va rien arranger.

Car il faudra bien faire tourner la planche à billets pour financer le chômage partiel en France, indemniser les commerçants et les compagnies aériennes. Et si l’argent des banques centrales permet aux sociétés cotées en bourse de retrouver leur valeur du début de l’année, il faut se rappeler que cette valeur était déjà dangereusement surcotée.

La bourse américaine était déjà surévaluée

Après plusieurs années de politique du robinet ouvert, l’argent est devenu moins cher. Or quand l’argent n’est pas cher, les placements classiques ne rapportent rien. Alors les grands investisseurs comme les fonds de pension se sont tournés vers la bourse. Les indices boursiers ont ainsi enchaîné des records en 2019, bien que la réalité des chiffres ne justifie pas de telles performances.

L’indicateur qui mesure le niveau de danger est l’indice CAPE (Cyclically Adjusted Price to Earnings), développé par le prix Nobel d’économie Robert Schiller. Sa valeur se calcule en divisant la valeur boursière par la moyenne des bénéfices annuels sur 10 ans.

Le 1er août 1929 l’indice CAPE se situait à +31 quand 2 mois plus tard survint le krach boursier du jeudi 24 octobre 1929. Le 19 octobre 1987 l’indice CAPE se situe aux alentours de 17 lorsque le Dow Jones chute brutalement de -22,6 %, c’est le Black Monday.

Le 30 mars 2020 L’indice CAPE est à 24,79 alors qu’il était à 21,12 il y a 6 jours. Le danger augmente donc au fur et à mesure que les valeurs boursières retrouvent des couleurs. Il se situe encore à ce jour au-dessus de celui du Black Monday de 1987.

Alors bien sûr les yeux se tournent vers Nouriel Roubini, le professeur d’économie qui avait prédit la crise financière de 2007 aux États-Unis, lors d’une conférence le 7 septembre 2006. À cette époque il en avait fait rire beaucoup, ceux-là mêmes qui aujourd’hui boivent ses paroles.

Or l’ancien conseiller de Bill Clinton voit une récession sévère sur Yahoo Finance (en Anglais), mais qui pourrait être courte à condition d’avoir recours aux baisses d’impôts. Et il n’est pas le seul à anticiper un retour en zone rouge pour l’économie.

L’Union Européenne prévoit une récession

Alors que le cours de l’or chutait le 9 mars, beaucoup pensaient que le précieux métal jaune perdait de sa valeur refuge. Il n’en est rien, aujourd’hui la demande est 5 fois plus importante qu’à l’accoutumée. D’après le Financial Times cité par Courrier International, les investisseurs tenteraient de « protéger leur argent de l’effondrement des cours mondiaux et de nombreuses devises ».

Dans ce contexte les règles de sécurité budgétaire n’ont plus court, d’un commun accord l’Union Européenne décide d’autoriser les déficits publics au-delà de 3 %. Et si cela ne marche pas il reste les 700 milliards d’euros du Mécanisme Européen de Solidarité (MES), qui autorise l’UE à prêter sans condition à ses états membres.

Dans une note de conjoncture parue le 26 mars, l’INSEE fait savoir que l’activité économique et la consommation des ménages tourne en ce moment à 65 % de la normale. D’après l’institut une récession de -1 % n’est pas à écarter.

Ce risque tellement réel qu’il en est palpable, pourrait entraîner une autre crise majeure sous la nécessité de récupérer des liquidités.

Pourra-t-on puiser dans les cryptomonnaies pour récupérer du cash ? ?

Le 30 mars 2020 il y avait 118 milliards de dollars en Bitcoins, 14 milliards de dollars en Ethereum et 7 milliards de dollars en XRP.

Mais il ne s’agit que des 3 premières, en tout le site coinmarketcap.com recense une centaine de monnaies virtuelles en usage dans le monde. Et comme il s’agit justement de monnaie virtuelle échappant au contrôle de toute banque centrale, il pourrait en avoir davantage.

Or au contraire de l’argent qui dort dans les coffres des banques, ce ne sont que quelques lignes de code informatique stockées sur des clés USB et/ou des serveurs distants. Et comme il est difficile d’échanger de la cryptomonnaie contre des biens et des services, les EOS, Teher et autres Dash sont surtout des produits spéculatifs.

Leur valeur est déterminée par le prix que des acheteurs sont prêts à mettre sur la table pour en posséder. Plus il y a d’acheteurs et plus les prix montent. Et comment appelle-t-on un environnement économique artificiellement gonflé par la spéculation ? Une bulle financière.

Et justement à la lecture des cours sur coinmarketcap.com, le bitcoin ne vaut plus que 6468 US$ alors qu’il en valait 7992,15 US$ le 10 mars. Selon Mohamed Zidan, analyste pour Think Markets cité par lematin.ch, les investisseurs donnent priorité à l’argent liquide.

Or si effectivement une crise économique survient en 2020, les possesseurs de cryptomonnaie pourraient procéder à des ventes massives dans le but de récupérer de l’argent liquide. Mais c’est à condition de trouver des acheteurs, car on ne peut pas échanger des cryptomonnaie contre des espèces sonnantes et trébuchantes dans un bureau de change.

Si jamais les vendeurs ne trouvent pas d’acheteurs, les 181 milliards de dollars de monnaie virtuelle pourraient ne même pas valoir le prix des serveurs sur lesquels elles sont hébergées.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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Delecluse

Comment protéger une tresorerie d’entreprise très positive face au risque imminent d’une importante crise économique mondiale ?

Gibaud gilles

comment protéger notre liquidité en banque ,à partir de quelle somme nous avons des garanties par banque