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L’endettement des ménages français augmente, est-ce grave ?

Paiement des factures
Il y a la bonne dette et la mauvaise dette.

La dette, c’est comme le sucre : nécessaire pour faire fonctionner la machine, mais nocif si consommé à forte dose. L’endettement des ménages français a augmenté en 1 an, particulièrement sous la poussée du prêt immobilier. Mais les chiffres ne sont pas catastrophiques, car cette dette est soutenable.

Taux d’endettement des ménages français : 90,6 % du revenu disponible

Le Revenu Disponible Brut (RDB) correspond à la part de revenus qui reste dans la poche des ménages, une fois les impôts payés et les aides sociales reçues. Au 4e trimestre 2016 la Banque de France calculait à 88 % le taux d’endettement des ménages par rapport à leur RDB. Au fur et à mesure que passèrent les trimestres, les français se mirent à profiter d’un coût de crédit historiquement au plus bas.

Tant et si bien que l’endettement de nos contemporains atteint maintenant 90,6 % de leur revenu disponible brut. En théorie, cela signifierait qu’en moyenne le ménage français doit consacrer 90 % de son salaire net d’impôts pour payer ses dettes. Mais il ne s’agit que d’une moyenne, particulièrement poussée vers le haut par l’arrivée de jeunes ménages sur le marché du logement.

Des chiffres à relativiser d’autant plus que les banques sont particulièrement prudentes en matière d’endettement.

Endettement des ménages, décembre 2017
Source : Banque de France.

La dette des ménages est soutenable

Les chiffres de la Banque de France montrent que l’endettement des ménages représente 58 % du PIB (Produit Intérieur Brut). En clair il reste 42 % de marge sur toute la richesse produite par le pays, pour payer les dettes des consommateurs et des propriétaires.

C’est bien plus que les 86,1 % du PIB que représente l’endettement des ménages du Royaume-Uni. On n’ose même pas mentionner les 137 % du revenu disponible brut que représente la dette des Américains. La France dispose donc d’une marge de sécurité, même si cela n’empêche pas certains de tomber dans le surendettement.

De plus les banques françaises sont réputées pour leur prudence. La plupart d’entre elles ne monte pas au-dessus d’un taux d’endettement de 33 % des revenus imposables nets. En supplément elles prennent en compte un reste à vivre, afin de s’assurer que les emprunteurs pourront se nourrir, se chauffer, se vêtir et se déplacer une fois leurs mensualités payées.

Les crédits immobiliers responsables de la hausse de l’endettement

Acheter un canapé en cuir avec un crédit à la consommation, c’est de la mauvaise dette. Car dès que l’objet sera sorti du magasin, il aura perdu au moins 30 % de sa valeur à la revente. En supplément l’emprunteur pourrait l’avoir payé 110 % de son prix, une fois les remboursements terminés.

Mais l’endettement des ménages et des entreprises est principalement composé de crédit immobilier. À la fin septembre 2016 la Banque de France comptabilisait 1006 milliards d’euros de dettes immobilières dans les régions françaises. Au 31 décembre 2017 la barre monte à 1089 milliards d’euros, après une année particulièrement dynamique sur le marché du logement.

Or lorsque les taux d’intérêt sont bas (1,61 % en décembre 2017, source Banque de France) la part de capital est importante dès les premières échéances. Certains emprunteurs pourrait donc déjà revendre leur logement au bout de 5 ans sans perdre d’argent.

Toujours autant de trésorerie que de créances dans les caisses des banques

Le français moyen n’est pas dépensier, même quand il dirige une entreprise. Pour preuve, au 31 décembre 2017 les banques de l’Hexagone renfermaient 1962,7 milliards d’euros. Pas moins de 776 milliards d’euros dorment sur des comptes ordinaires créditeurs, tandis que les livrets défiscalisés et autres renferment 460,9 milliards d’euros.

À cette même période les banques comptaient 1971,8 milliards d’euros de créances. Ce montant inclut 470,4 milliards d’euros de crédits à l’équipement, c’est-à-dire des investissements.

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