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L’endettement des ménages français augmente, est-ce grave ?

mise à jour: 21 août 2018
Paiement des factures
Il y a la bonne dette et la mauvaise dette.

La dette, c’est comme le sucre : nécessaire pour faire fonctionner la machine, mais nocif si consommé à forte dose. L’endettement des ménages français a augmenté en 1 an, particulièrement sous la poussée du prêt immobilier. Mais les chiffres ne sont pas catastrophiques, car cette dette est soutenable.

Taux d’endettement des ménages français : 93,2 % du revenu disponible

Le Revenu Disponible Brut (RDB) correspond à la part de revenus qui reste dans la poche des ménages, une fois les impôts et cotisations salariales payés et les aides sociales reçues. Au 1er trimestre 2017 la Banque de France calculait à 90,9 % le taux d’endettement des ménages par rapport à leur RDB. Au fur et à mesure que passèrent les trimestres, les français se mirent à profiter d’un coût de crédit historiquement au plus bas.

Tant et si bien que l’endettement de nos contemporains atteint maintenant 93,2 % de leur revenu disponible brut. En théorie, cela signifierait qu’en moyenne le ménage français doit consacrer 93,2 % de son salaire net d’impôts pour payer ses dettes. Mais il ne s’agit que d’une moyenne, particulièrement poussée vers le haut par l’arrivée de jeunes ménages sur le marché du logement.

Des chiffres à relativiser d’autant plus que les banques sont particulièrement prudentes en matière d’endettement.

Taux d'endettement des ménages, premier trimestre 2018
Source : Banque de France

La dette des ménages est soutenable

Les chiffres de la Banque de France montrent que l’endettement des ménages représente 58,4 % du PIB (Produit Intérieur Brut). En clair il reste 41,6 % de marge sur toute la richesse produite par le pays, pour payer les dettes des consommateurs et des propriétaires.

C’est bien mieux que les 86,2 % du PIB que représente l’endettement des ménages du Royaume-Uni. On n’ose même pas mentionner les 132,1 % du revenu disponible brut de la dette des Américains. Les crédits des compatriotes de l’Oncle Sam représentent même 103,1 % du PIB des USA.

La France dispose donc d’une marge de sécurité, même si cela n’empêche pas certains de tomber dans le surendettement.

De plus les banques françaises sont réputées pour leur prudence. La plupart d’entre elles ne monte pas au-dessus d’un taux d’endettement de 33 % des revenus imposables nets. En supplément elles prennent en compte un reste à vivre, afin de s’assurer que les emprunteurs pourront se nourrir, se chauffer, se vêtir et se déplacer une fois leurs mensualités payées.

Les crédits immobiliers responsables de la hausse de l’endettement

Acheter un canapé en cuir avec un crédit à la consommation, c’est de la mauvaise dette. Car dès que l’objet sera sorti du magasin, il aura perdu au moins 30 % de sa valeur à la revente. En supplément l’emprunteur pourrait l’avoir payé 110 % de son prix, une fois les remboursements terminés.

Mais l’endettement des ménages et des entreprises est principalement composé de crédits immobiliers. À la fin mai 2018 la Banque de France comptabilisait 1110,9 milliards d’euros de créances immobilières dans tout le pays, soit un peu plus de la moitié des 2014,4 milliards d’euros de crédits que compte l’Hexagone.

Or lorsque les taux d’intérêt sont bas (1,43 % en juillet 2018 source CSA/Crédit Logement), la part de capital est importante dès les premières échéances. Certains emprunteurs pourraient donc déjà revendre leur logement au bout de 5 ans sans perdre d’argent.

Toujours autant de trésorerie que de créances dans les caisses des banques

Le français moyen n’est pas dépensier, même quand il dirige une entreprise. Pour preuve, au 31 mai 2018 les banques de l’Hexagone renfermaient 1982,4 milliards d’euros. Pas moins de 784 milliards d’euros dorment sur des comptes ordinaires créditeurs, tandis que les livrets défiscalisés et autres couvent 478,8 milliards d’euros.

Les liquidités disponibles couvrent donc presque le capital restant dû de tous les crédits en cours, professionnels et particuliers inclus.