Accueil Rachat de crédits L’endettement des ménages français augmente, est-ce grave ?

L’endettement des ménages français augmente, est-ce grave ?

La dette, c’est comme le sucre : nécessaire pour faire fonctionner la machine, mais nocif si consommée à forte dose. L’endettement des ménages français a augmenté en 1 an, particulièrement sous la poussée du prêt immobilier. Mais les chiffres ne sont pas catastrophiques, car cette dette est soutenable.

Taux d’endettement des ménages français : 96,1 % du revenu disponible

Le Revenu Disponible Brut (RDB) correspond à la part de revenus qui reste dans la poche des ménages, une fois les impôts et cotisations salariales payés et les aides sociales reçues. L’année dernière, au 2e trimestre 2018, la Banque de France calculait à 94,2 % le taux d’endettement des ménages par rapport à leur RDB. Au fur et à mesure que passèrent les trimestres, les français se mirent à profiter d’un coût de crédit historiquement au plus bas.

Tant et si bien que l’endettement de nos contemporains atteint 96,1 % de leur revenu disponible brut au 2e trimestre 2019. En théorie, cela signifierait qu’en moyenne le ménage français doit consacrer 96,1 % de son salaire net d’impôts pour payer ses dettes. Mais il ne s’agit que d’une moyenne, particulièrement poussée vers le haut par l’arrivée de jeunes ménages sur le marché du logement.

Des chiffres à relativiser d’autant plus que les banques sont particulièrement prudentes en matière d’endettement.

La dette des ménages est soutenable

Les chiffres de la Banque de France montrent que l’endettement des ménages représente 60,4 % du PIB (Produit Intérieur Brut). En clair il reste 39,6 % de marge sur toute la richesse produite par le pays, pour payer les dettes des consommateurs et des propriétaires.

Endettement des ménages Banque de France parution novembre 2019

C’est bien mieux que les 119,2 % du RDB que représente l’endettement des ménages du Royaume-Uni, et qui ne devraient pas s’arranger avec le Brexit. On n’ose même pas mentionner les 129,1 % du revenu disponible brut de la dette des Américains. Les crédits des compatriotes de l’Oncle Sam représentent même 101,5 % du PIB des USA.

La France dispose donc d’une marge de sécurité, même si cela n’empêche pas certains de tomber dans le surendettement.

De plus les banques françaises sont réputées pour leur prudence. La plupart d’entre elles ne monte pas au-dessus d’un taux d’endettement de 33 % des revenus imposables nets. En supplément elles prennent en compte un reste à vivre, afin de s’assurer que les emprunteurs pourront se nourrir, se chauffer, se vêtir et se déplacer une fois leurs mensualités payées.

Les crédits immobiliers responsables de la hausse de l’endettement

Acheter un canapé en cuir avec un crédit à la consommation, c’est de la mauvaise dette. Car dès que l’objet sera sorti du magasin, il aura perdu au moins 30 % de sa valeur à la revente. En supplément l’emprunteur pourrait l’avoir payé 110 % de son prix, une fois les remboursements terminés.

Mais l’endettement des ménages et des entreprises est principalement composé de crédits immobiliers. À la fin août 2019, la Banque de France comptabilisait 992 milliards d’euros de créances immobilières des particuliers dans tout le pays. C’est un peu moins de la moitié des 2 178 milliards d’euros de crédits que compte l’Hexagone.

Or lorsque les taux d’intérêt sont bas (1,13 % en octobre 2019, source CSA/Crédit Logement), la part de capital est importante dès les premières échéances. Certains emprunteurs pourraient donc déjà revendre leur logement au bout de 5 ans sans perdre d’argent.

Toujours autant de trésorerie que de créances dans les caisses des banques

Le français moyen n’est pas dépensier, même quand il dirige une entreprise. Pour preuve, au 31 août 2019 les banques de l’Hexagone renfermaient 2 178 milliards d’euros. Pas moins de 912 milliards d’euros dorment sur des comptes ordinaires créditeurs, tandis que les livrets défiscalisés et autres couvent 521 milliards d’euros.

Les liquidités disponibles couvrent donc presque le capital restant dû de tous les crédits en cours, professionnels et particuliers inclus.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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