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L’endettement des ménages français augmente, est-ce grave ?

mise à jour: 13 février 2019
Paiement des factures
Il y a la bonne dette et la mauvaise dette.

La dette, c’est comme le sucre : nécessaire pour faire fonctionner la machine, mais nocif si consommé à forte dose. L’endettement des ménages français a augmenté en 1 an, particulièrement sous la poussée du prêt immobilier. Mais les chiffres ne sont pas catastrophiques, car cette dette est soutenable.

Taux d’endettement des ménages français : 94,3 % du revenu disponible

Le Revenu Disponible Brut (RDB) correspond à la part de revenus qui reste dans la poche des ménages, une fois les impôts et cotisations salariales payés et les aides sociales reçues. Au 3e trimestre 2015 la Banque de France calculait à 88 % le taux d’endettement des ménages par rapport à leur RDB. Au fur et à mesure que passèrent les trimestres, les français se mirent à profiter d’un coût de crédit historiquement au plus bas.

Tant et si bien que l’endettement de nos contemporains atteint 94,3 % de leur revenu disponible brut au 3e trimestre 2018. En théorie, cela signifierait qu’en moyenne le ménage français doit consacrer 94,3 % de son salaire net d’impôts pour payer ses dettes. Mais il ne s’agit que d’une moyenne, particulièrement poussée vers le haut par l’arrivée de jeunes ménages sur le marché du logement.

Des chiffres à relativiser d’autant plus que les banques sont particulièrement prudentes en matière d’endettement.

La dette des ménages est soutenable

Les chiffres de la Banque de France montrent que l’endettement des ménages représente 59,2 % du PIB (Produit Intérieur Brut). En clair il reste 40,8 % de marge sur toute la richesse produite par le pays, pour payer les dettes des consommateurs et des propriétaires.

Taux endettement des ménages 3e trimestre 2018

C’est bien mieux que les 86,2 % du PIB que représente l’endettement des ménages du Royaume-Uni, et qui ne devrait malheureusement pas s’arranger avec le Bexit. On n’ose même pas mentionner les 131,2 % du revenu disponible brut de la dette des Américains. Les crédits des compatriotes de l’Oncle Sam représentent même 102,1 % du PIB des USA.

La France dispose donc d’une marge de sécurité, même si cela n’empêche pas certains de tomber dans le surendettement.

De plus les banques françaises sont réputées pour leur prudence. La plupart d’entre elles ne monte pas au-dessus d’un taux d’endettement de 33 % des revenus imposables nets. En supplément elles prennent en compte un reste à vivre, afin de s’assurer que les emprunteurs pourront se nourrir, se chauffer, se vêtir et se déplacer une fois leurs mensualités payées.

Les crédits immobiliers responsables de la hausse de l’endettement

Acheter un canapé en cuir avec un crédit à la consommation, c’est de la mauvaise dette. Car dès que l’objet sera sorti du magasin, il aura perdu au moins 30 % de sa valeur à la revente. En supplément l’emprunteur pourrait l’avoir payé 110 % de son prix, une fois les remboursements terminés.

Mais l’endettement des ménages et des entreprises est principalement composé de crédits immobiliers. À la fin novembre 2018, la Banque de France comptabilisait 943 milliards d’euros de créances immobilières des particuliers dans tout le pays. C’est un peu moins de la moitié des 2 040 milliards d’euros de crédits que compte l’Hexagone.

Or lorsque les taux d’intérêt sont bas (1,45 % en janvier 2018, source CSA/Crédit Logement), la part de capital est importante dès les premières échéances. Certains emprunteurs pourraient donc déjà revendre leur logement au bout de 5 ans sans perdre d’argent.

Toujours autant de trésorerie que de créances dans les caisses des banques

Le français moyen n’est pas dépensier, même quand il dirige une entreprise. Pour preuve, au 30 novembre 2018 les banques de l’Hexagone renfermaient 2 034 milliards d’euros. Pas moins de 820 milliards d’euros dorment sur des comptes ordinaires créditeurs, tandis que les livrets défiscalisés et autres couvent 485 milliards d’euros.

Les liquidités disponibles couvrent donc presque le capital restant dû de tous les crédits en cours, professionnels et particuliers inclus.

Fabien Belleinguer

Fabien Belleinguer

Éditeur chez Emprunter-Malin.com
Blogueur sur les thèmes de l'argent et l'immobilier depuis 2012, je suis radin, suspicieux, mais toujours poli. Autodidacte, je choisis mes sources d'information avec soin et les analyse en toute indépendance.
Fabien Belleinguer