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Risque de crise économique en 2019 ou 2020 : ces signaux alarmants

mise à jour: 18 janvier 2019
Bourse de New York
Les crises économiques viennent de Wall Street

Le monde est à peine sorti de la crise financière de 2008, que l’on s’aperçoit que les remèdes des banques centrales pourraient bien provoquer la prochaine en 2018 ou 2019. Les valeurs surcotées des entreprises pourraient faire éclater la bulle, l’effet systémique pourrait affecter les milliards des cryptomonnaies au bout de la chaîne. Voici ce qui pourrait provoquer la prochaine crise économique, avec l’avertissement du professeur d’économie qui a prédit la précédente.

Les banques centrales ont-elles amorcé la prochaine crise financière ?

Lorsque la crise des créances immobilières insolvables est apparue aux États-Unis en 2007, la banque centrale américaine, la Fed, a réagi à sa manière. Après un abaissement des taux directeurs à zéro, l’ancienne directrice Janet Yellen a procédé à 3 programmes de rachat d’actifs.

De 2008 à 2014 la planche à billets verts a ainsi injecté 2435 milliards de dollars dans le système bancaire, soit autant que le PIB de la France en 2016.

De son côté la BCE (Banque Centrale Européenne) a lancé son programme d’achat d’actifs en 2015, pour le fermer au 31 décembre 2018. L’institut de Francfort aura ainsi injecté 2550 milliards d’euros dans le système bancaire de la zone euro.

Une manœuvre qui a permis d’abaisser fortement les taux d’emprunt, mais également de faire grimper les prix de l’immobilier en France.

L’idée partait d’une bonne intention : les cadres des banques centrales pensaient que les banques allaient prêter cette manne aux professionnels et aux particuliers, relançant ainsi l’économie. Mais les consommateurs n’ont pas retrouvé leur confiance d’antan, malgré des taux des crédits à la consommation au plus bas depuis des années.

En supplément les banques ont profité de cet argent pas cher pour investir sur les marchés financiers, créant ainsi un effet de bulle.

La bourse américaine complètement surévaluée

La demande est devenue forte sur les places boursières, ce qui a fait augmenter la valeur des actions. Au final l’écart entre le coût d’une prise de participation dans une entreprise et le dividende que l’investisseur peut en retirer, se creuse dangereusement.

L’indicateur phare est l’indice CAPE (Cyclically Adjusted Price to Earnings), développé par le prix Nobel d’économie Robert Schiller. Sa valeur se calcule en divisant la valeur boursière par la moyenne des bénéfices annuels sur 10 ans.

Le 1er août 1929 l’indice CAPE se situait à +31, quand 2 mois plus tard survint le krach boursier du jeudi 24 octobre 1929. Le 1er décembre 1999 il pointe à +44, puis en mars 2000 arrive l’éclatement de la bulle Internet.

La valeur moyenne de l’indice CAPE est de 17, lorsqu’il se situe à ce niveau c’est un signe de beau temps économique. Mais de janvier à juin 2019 il est attendu à 28,41 soit proche de la valeur qu’il avait au moment de la crise de 1929.

Un krach boursier n’est donc pas impossible, ce qui plongerait certaines banques dans les ennuis financiers, à commencer par ces géantes qui ne résisteraient pas à une crise économique.

Nouriel Roubini prédit une crise financière en 2020

Quand le 7 septembre 2006 Nouriel Roubini termine son discours lors d’une réunion organisée par le FMI (Fonds Monétaire International), certains membres de l’assistance ont du mal à se retenir de rire. C’est que le professeur d’économie d’origine turque avertit son auditoire sur une crise immobilière d’ampleur à venir aux États-Unis.

Un an plus tard il est convié à la même réunion, et annonce que la crise contaminera tous les systèmes financiers. Mais cette fois-ci son auditoire boit ses paroles comme celles d’un prophète. Car en février 2017 il mettait en garde contre la faillite de certaines sociétés d’investissement cotées à Wall Street. Et effectivement un mois et demi plus tard la banque d’affaires Bear Stearns dépose le bilan (Source : Courrier International).

Et voici qu’en octobre 2018 Nouriel Roubini remet cela, prédisant cette fois une crise économique non pas en 2019, mais en 2020. En cause le surendettement des états, mais surtout la croissance américaine poussée par des mécanismes qui, selon l’économiste, ne sont pas durables. La zone euro devrait elle aussi jeter de l’huille sur le feu, notamment avec des politiques populistes qui gonflent la dette nationale (source : les Échos).

Et quand la cryptomonnaie ne vaudra plus rien

Il y aurait près de 64 milliards de dollars en Bitcoins, 13 milliards de dollars en XRP et 12 milliards de dollars en Ethereum dormant sur des serveurs informatiques.

Mais ces chiffres procurés par coinmarket.com sont à mettre au conditionnel, car la cryptomonnaie n’est pas palpable. Au contraire de l’argent qui dort dans les coffres des banques, ce ne sont que quelques lignes de code informatique stockées sur des clés USB et/ou des serveurs distants.

En supplément il n’existe pas d’organismes centraux pour régulariser leur production ni leur circulation. Et comme il est difficile d’échanger de la cryptomonnaie contre des biens et des services, les EOS, Teher et autres Dash sont surtout des produits spéculatifs.

Leur valeur est déterminée par le prix que des acheteurs sont prêts à mettre sur la table pour en posséder. Plus il y a d’acheteurs et plus les prix montent. Et comment appelle-t-on un environnement économique artificiellement gonflé par la spéculation ? Une bulle financière.

Cette bulle explosera une fois qu’une crise économique se sera installée, provoquant la vente massive des cryptomonnaies pour récupérer de l’argent liquide. Les cours de toutes ces monnaies électroniques dégringoleront, ce qui pourrait déboucher sur une évaporation pure et simple de 100 milliards de dollars.

De quoi faire chauffer les rotatives des banques centrales pour refabriquer de la monnaie, monnaie qui sera distribuée dans le circuit financier pour relancer la machine, et la boucle sera bouclée.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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