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Risque de crise économique en 2019 : ces signaux alarmants

mise à jour: 24 juillet 2018
Bourse de New York
Les crises économiques viennent de Wall Street

La zone euro voit son chômage en baisse pour une croissance en hausse, et pourtant on parle de plus en plus d’une crise économique cette année. À la décharge des alarmistes il convient de rappeler que certains indicateurs fiables sont dans le rouge. Voici lesquels et pourquoi ils indiquent un risque de krach boursier, dans un environnement de facteurs optimistes.

La bourse américaine complètement surévaluée

Lorsque la crise des créances immobilières insolvables est apparue en 2007, la banque centrale américaine, la Fed, a injecté 200 milliards de dollars dans les coffres des banques. L’objectif était de leur donner des liquidités afin qu’elles puissent prêter aux ménages et aux entreprises.

Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Les banques ont profité de cet argent pas cher pour acheter massivement des actions d’entreprise. Et cela n’a pas toujours marché, ainsi la JP Morgan Chase se retrouve à court de fonds propres en cas de séisme.

Pourtant le stratagème a globalement payé. La demande est donc devenue forte sur les marchés boursiers, ce qui a fait augmenter la valeur des actions. Au final l’écart entre le coût d’une prise de participation dans une entreprise et le dividende que l’investisseur peut en retirer, se creuse dangereusement.

L’indicateur phare est l’indice CAPE (Cyclically Adjusted Price to Earnings), développé par le prix Nobel d’économie Robert Schiller. Sa valeur se calcule en divisant la valeur boursière par la moyenne des bénéfices annuels sur 10 ans.

Le 1er août 1929 il se situait à +31, quand 2 mois plus tard survint le krach boursier du jeudi 24 octobre 1929. Le 1er décembre 1999 il pointe à +44, puis en mars 2000 arrive l’éclatement de la bulle Internet.

La valeur moyenne de l’indice CAPE se situe à 17. À la fin du 3e trimestre 2017, il atteignait +31.

Quand les crises économiques viennent de Wall Street

Plus les banques investissent l’argent pas cher octroyé par la FED dans les actions, plus le prix des actions gonfle. À un moment donné les analystes des grands fonds d’investissement vont considérer que ça suffira comme ça, et diminueront leurs achats. La demande baissera, le prix aussi, et à partir de la 2 scénarios pourront naître.

Dans le meilleur des cas la bulle ne fera que se dégonfler. Il s’agira d’une correction de marché, les investisseurs qui ont suivi de plus gros investisseurs qui ont eux-même fait comme les fonds géants en seront pour leur argent. Privés du bénéfice d’une potentielle revente pour payer leurs propres dettes, ils se débrouilleront pour se renflouer ailleurs. Les plus malins attendront que l’indice CAPE soit revenu à sa normale pour réinvestir.

Mais dans le pire des cas la bulle pourrait bien éclater. Du jour au lendemain de grands fonds d’investissement se débarrassent simultanément d’une grande quantité d’actions. Dans les heures qui suivent ils se rendent compte que tout le monde a fait comme eux, et la valeur des actions plonge immédiatement. L’argent se volatilise en quelques minutes, de nombreux fonds d’action se retrouvent les poches vides, eux qui avaient pourtant bien progressé jusqu’ici.

Ils font faillite, cette faillite entraîne d’autres faillites, et de grandes entreprises procèdent à des licenciements pour alléger leur masse salariale.

Va-t-il y avoir une crise économique en 2019 ?

Même la Banque de France entre dans la danse. Dans un communiqué paru hier, l’institution commence par rappeler qu’il est difficile de prévoir les crises économiques. Toutefois les auteurs du rapport, Julien Idier et Virginie Couderc, avertissent du fait que « les prix immobiliers ont augmenté de 5 % par an 10 trimestres avant les crises ».

Mauvaise coïncidence, l’INSEE indique que « les prix des logements augmentent de +3,9 % sur un an ».

Le système d’alerte que les 2 économistes ont développé vient s’ajouter à l’indice de Robert Schiller pour alimenter les alarmistes. Mais les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises, loin de là.

Certes les prix de l’immobilier continuent d’augmenter, mais les banques constatent un ralentissement de la distribution du crédit. Certes l’endettement des états de la zone euro atteint 89,2 % du PIB des 19 membres, mais la croissance est de retour.

D’après Eurostat le taux de chômage est passé de 9,6 % de janvier 2017 à 8,6 % en janvier 2018. Le taux de chômage est même « le plus faible enregistré dans l’UE 28 depuis 2008 ».

La Banque de France constate une baisse de la demande de crédit des ménages et des entreprises, signe que la bulle est plutôt en train de se dégonfler que d’exploser. Le crédit à la consommation continue sa progression en Europe pour le taux moyen raisonnable de 5,26 %, et c’est encore moins cher en France.

Comme dernier argument en défaveur d’une crise économique en 2019, les réformes fiscales de Donald Trump devraient redonner de la trésorerie aux entreprises. Reste à savoir si ces dernières vont en profiter pour investir ou pour acheter des actions.

Fabien Belleinguer

Fabien Belleinguer

Éditeur chez Emprunter-Malin.com
Blogueur sur les thèmes de l'argent et l'immobilier depuis 2012, je suis radin, suspicieux, mais toujours poli. Autodidacte, je choisis mes sources d'information avec soin et les analyse en toute indépendance.
Fabien Belleinguer