Accueil Immobilier Marché immobilier au T2 2018 : moins d’acheteurs que de vendeurs ?

Marché immobilier au T2 2018 : moins d’acheteurs que de vendeurs ?

mise à jour: 28 janvier 2019
Vue de Paris sur la tour Montparnasse
En dehors de Paris et Lyon Lyon, la tension immobilière serait au plus bas sur les 25 principales villes de France.

Coup de tonnerre : une étude réalisée par le réseau SeLoger pour le magazine capital.fr, montre qu’il y aurait moins d’1 acheteur par vendeur sur le marché immobilier. Ces chiffres ont été compilés sur le mois de mars, la tendance des prix du m² s’est révélée à la baisse dans certaines villes concernées, mais pas toutes. Car seuls les vendeurs pressés feront baisser la courbe, les autres prendront leur mal en patience.

Moins d’1 acheteur par vendeur dans 23 grandes villes de France

Le quotidien économique capital.fr publie les résultats d’une enquête sur le nombre d’acheteurs, pour chaque annonce immobilière déposée sur le site SeLoger en mars 2018. Les analystes se sont penchés sur les 25 principales villes de France, et les résultats sont surprenants. Ils en ont tiré un indice de tension immobilière, qui consiste tout simplement à diviser le nombre d’acheteurs par le nombre d’annonces immobilières.

Seules Paris et Lyon affichent une demande supérieure à l’offre, avec respectivement 2,15 et 2,05 acheteurs par vendeur. Partout ailleurs, c’est le calme plat.

Le marché immobilier de Nantes est encore le plus actif, avec une tension immobilière de 0,80. À Bordeauxles prix ont explosé l’année dernière, désormais 1 vendeur doit faire face à 0,68 acheteurs. Dans ce contexte les professionnels du logement de Marseille n’osent pas se plaindre avec 0,58 demandeurs par offre.

Ces villes où la tension immobilière est au plus bas

D’après les informations fournies par capital.fr, un indice de tension immobilière inférieur à 2 signifie une potentielle baisse des prix. Que dire alors du marché immobilier de Brest, qui d’après l’enquête ne compte que 0,15 acheteur pour 1 vendeur.

Dans ce contexte Le Havre, Nîmes et Toulon s’en sortiraient presque mieux, avec une tension immobilière de 0,18. Le Mans ferme la marche dans un marché immobilier qui ne présente que 0,16 acheteur pour 1 vendeur.

Par ailleurs, le ralentissement semble être confirmé un peu partout par l’indicateur de tension immobilière du site MeilleursAgents. Même si ces chiffres sont différents, ils indiquent par exemple 1,3 à Toulouse et 1,1 à Rennes. En région parisienne le recul des prix de l’immobilier francilien semble confirmé par un fort déséquilibre entre l’offre et la demande.

La Seine-et-Marne (77) ne compterait ainsi que 0,5 acheteurs pour 1 vendeur, alors que le Val-de-Marne (94) généralement très actif se limite à une tension immobilière de 1.

Moins d’acheteurs que de vendeurs : les prix baissent ?

Lorsque l’offre est supérieure à la demande les stocks s’accumulent et les prix baissent, c’est le b.a.-ba de l’économie. Toutefois sur le marché de l’immobilier entre particuliers, l’effet prend du temps à apparaître sur les statistiques. Sur celui de l’immobilier neuf, les promoteurs commencent à éprouver du mal à vendre.

Car autant un marchand de télévision sera bien obligé de casser ses prix pour écouler ce stock qui lui coûte de l’argent, autant un propriétaire n’est pas pressé de vendre. Au contraire, plus il attend et plus il remboursera de capital. Les seuls facteurs pouvant le mettre sous tension, seraient d’ordre familial (un nouvel enfant) ou professionnel (une mutation).

D’après le baromètre de l’observatoire LPI SeLoger, le m² des appartements anciens de Brest a gagné +0,7 % de février à avril, par rapport aux 3 mois précédents. Et pourtant la tension immobilière du mois de mars est la plus basse des 25 villes observées en France.

Ainsi un bon indicateur pour savoir si les prix de l’immobilier vont baisser dans une ville, est la courbe des prix des précédentes années. Si le m² moyen est aujourd’hui en dessous de ce qu’il était il y a plusieurs mois, cela signifie qu’une hausse est possible, mais uniquement s’il y a plus d’acheteurs que de vendeurs. Mais s’il y a moins d’acheteurs que de vendeurs, ces derniers refuseront de céder au prix actuel pour ne pas perdre.

La conclusion qui s’impose après l’analyse des chiffres publiés par capital.fr, est que les prix de logements devraient se stabiliser. C’est d’ailleurs ce que pensent 75 % des études de notaire selon la dernière édition de la tendance du marché immobilier notarial.

Fabien Belleinguer

Fabien Belleinguer

Éditeur chez Emprunter-Malin.com
Blogueur sur les thèmes de l'argent et l'immobilier depuis 2012, je suis radin, suspicieux, mais toujours poli. Autodidacte, je choisis mes sources d'information avec soin et les analyse en toute indépendance.
Fabien Belleinguer