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Le rachat de crédit locataire : démarche et pièges

Un locataire peut faire racheter ses crédits à la consommation par une société spécialisée, afin de les regrouper dans un même remboursement à mensualités uniques. L’objectif est que cette mensualité soit inférieure à la somme des mensualités qu’il paye actuellement. Il s’agit d’une opération courante proposée par de nombreuses structures, le demandeur a donc intérêt à faire jouer la concurrence et à bien comparer les offres.

Comment obtenir un rachat de crédit pour locataire

Les établissements financiers sont libres d’appliquer les taux d’intérêt qu’ils veulent, sans dépasser le taux d’usure. Ce plafond est situé à 5,55 % pour les prêts de trésorerie de plus de 6000 € au 3e trimestre 2020. Autant dire que les offres des sociétés de crédit peuvent varier du simple au double.

Le locataire qui souhaite faire racheter ses crédits pour diminuer ses mensualités, peut tout simplement s’adresser à sa banque. Cette dernière le mettra en relation avec l’une de ses filiales, spécialisée dans la reprise des dettes.

Mais la concurrence est active sur le marché français, il pourrait donc avoir intérêt à contacter un courtier indépendant, par exemple en remplissant le formulaire ci-dessous. La demande arrive directement à un professionnel enregistré, déclaré et autorisé par plusieurs sociétés de crédit à proposer leur plan de refinancement.

En tout état de cause, le demandeur doit réunir les justificatifs nécessaires :

  • Pièce d’identité,
  • justificatifs de domicile,
  • dernier avis d’imposition,
  • bulletin de salaire,
  • livret de famille,
  • relevés de banque,
  • contrat des crédits en cours.

Cette liste n’est pas exhaustive, d’autres justificatifs pourront lui être demandés. Et bien entendu il ne doit surtout pas « oublier de déclarer » certains crédits à la consommation. Les conseillers des sociétés en rachat de crédit vont consulter le FICOBA, ce qui va leur permettre d’identifier tous les comptes bancaires du locataire. Si ce dernier a omis d’en déclarer un, le conseiller pourrait considérer qu’il s’agit d’un acte malhonnête et refuser son dossier.

Pour info : la réactivité est très importante en cas d’urgence. Un demandeur capable de procurer rapidement les documents demandés pourrait obtenir son rachat de crédit locataire en 1 mois.

Les points à surveiller

Le rachat de crédit peut permettre d’abaisser les mensualités d’un locataire, parfois même de 50 %. Car plus le remboursement est long, plus les mensualités diminuent. Cependant plus la durée de remboursement est longue, plus le coût du crédit augmente.

Toutes les demandes de rachat de crédit locataire incluent la possibilité de souscrire davantage de trésorerie. « Qui a bu boira », les établissements financiers le savent et tentent de motiver le demandeur à souscrire un nouveau prêt à la consommation.

Telle que l’opération est présentée, le lecteur non-averti a l’impression qu’il va se désendetter. Il s’agit d’une fausse perception, le rachat de crédit ne désendette pas. Au contraire, il augmente la dette car le locataire va devoir payer :

  • Les frais de dossier de la société de courtage,
  • les frais de dossier du repreneur.

Sa nouvelle dette sera donc supérieure à la somme des capitaux restant dus de tous ses crédits à la consommation. Toutefois le montant de sa mensualité unique sera inférieur à la somme totale de ses anciennes mensualités, car il bénéficiera d’un meilleur TAEG (taux incluant les intérêts bancaires et les frais).

Il est nécessaire de comparer plusieurs offres en les classant par durée. L’offre présentant le meilleur TAEG par durée est la moins chère. Il peut être également intéressant d’observer d’autres particularités du contrat, comme la possibilité de changer le montant des mensualités en fonction des aléas de la vie.

Un taux sans garantie hypothécaire

Le principal problème du rachat de crédit locataire est l’absence de garantie hypothécaire. Le repreneur ne pouvant pas s’appuyer sur une sécurité, il s’expose à des risques de ne pas retrouver son argent. Dès lors que le risque est élevé, le taux d’intérêt nominal l’est aussi.

La loi oblige un établissement financier à pratiquer un taux immobilier sur l’ensemble d’un rachat de crédit, mais uniquement si le montant de la dette immobilière représente plus de 60 % de l’ensemble. Le locataire doit donc s’attendre à obtenir un taux de refinancement supérieur à celui qu’obtiendrait un propriétaire qui apporterait son bien en garantie.

À noter d’ailleurs que ce même propriétaire peut refuser d’apporter un immeuble en hypothèque, soit pour ne pas courir le risque de le perdre, soit car il n’y a pas intérêt. Il pourrait alors obtenir le même taux de rachat de crédit qu’un locataire.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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