Accueil Prêt d’argent entre particuliers : mode d’emploi et pièges

Prêt d’argent entre particuliers : mode d’emploi et pièges

Après la crise financière de 2008, de nombreux ménages se sont détachés du système bancaire classique. L’idée d’une économie réelle plus juste faisait son chemin, davantage de personnes souhaitant financer les projets d’autrui avec leur épargne. C’est dans cette optique que le prêt d’argent entre particuliers éveille de plus en plus d’intérêt chez les Français.

Tout se fait au travers d'une plateforme internet.
Tout se fait au travers d’une plateforme internet.

Faire circuler la monaie dans l’économie réelle

Dans ce système, un épargnant ne dépose plus ses économies sur un support obscur, mais les prête à un être humain. Ce dernier peut s’en servir pour :

  • des travaux,
  • de la trésorerie,
  • des voyages,
  • une voiture neuve ou d’occasion,
  • des biens d’équipement.

L’argent investi reste à l’intérieur du système, et ne sert pas à jouer sur les marchés financiers via des traders ayant depuis longtemps perdu le sens du réel. On prête pour réaliser un projet personnel, pas à de grandes multinationales qui délocalisent dans le but de produire moins cher.

Si l’idée est bonne et tentante, elle ne doit être réalisée qu’en s’adressant à une société spécialisée, enregistrée, surveillée et reconnue.

Younited Credit, pionnier du prêt d’argent entre particuliers

Le seul véritable acteur des crédits entre particuliers est Younited Credit, société sous la surveillance de l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) et de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers). En clair, ses dirigeants sont tout autant surveillés que les banquiers.

L’entreprise n’est pas un établissement de crédit, mais plutôt un intermédiaire entre investisseurs et emprunteurs. D’un côté des épargnants souhaitent placer leur argent avec perception d’intérêts et récupération mensuelle de capital. De l’autre côté des particuliers ont besoin d’emprunter.

Pour autant tout le monde n’est pas traité à la même enseigne. Effectivement les taux de prêt sont différents selon le profil de l’emprunteur. En échange, l’investisseur perçoit un meilleur rendement s’il choisit de placer ses deniers sur un risque.

La société se rémunère en prélevant les inévitables frais de dossier, et reverse l’intégralité des remboursements effectués par les emprunteurs.

Cerise sur le gâteau, des assurances crédit couvrant le décès et la perte d’autonomie sont disponibles jusqu’à l’âge de 65e ans. Il existe même une garantie perte d’emploi que l’on peut souscrire jusqu’à 55 ans.

Un risque de défaut de paiement mensualisé

Le TEG du prêt entre particuliers est particulièrement avantageux sur les petites sommes. Cela s’explique par le fait que le circuit bancaire classique préfère prêter beaucoup et sur de longues durées.

Quant aux investisseurs, ils peuvent obtenir un rendement supérieur à celui d’une assurance-vie. Les défauts de remboursements éventuels sont couverts par le dépôt de sommes correspondant à 1 % des intérêts versés sur un compte spécifique. Le système rappelle celui de la mutualisation des risques, que l’on retrouve aussi dans les SCPI.

Ainsi l’investisseur ne prête pas à une personne en particulier. Il dépose son capital dans un fonds, qui financera un grand nombre de personnes. Si les défauts de remboursement sont inévitables, ils sont supportés par l’ensemble du fonds.

Toutefois pour minimiser les risques, le prêt entre particuliers ne doit pas être une solution miracle. Seuls les candidats solvables sont acceptés, ce qui exclu les personnes fichées à la Banque de France. En supplément il est demandé une situation professionnelle pérenne et des revenus fixes.

Le prêt d’argent entre particuliers est légal

La loi permet à une personne physique d’accorder un prêt d’argent à une autre, à des conditions librement convenues entre les 2 parties, sans toutefois dépasser le taux d’usure de la Banque de France.

Le prêt peut se faire devant notaire ou sous-seing privé, par accord tacite ou écrit. Toutefois le prêteur doit réaliser qu’un simple accord verbal ne suffira pas à réclamer son dû, si jamais l’emprunteur ne rembourse pas.

Il existe 2 manières d’enregistrer un prêt d’argent entre particuliers noir sur blanc :

  • La reconnaissance de dettes,
  • le contrat daté et signé.

La reconnaissance de dette se rempli en ligne sur le site du ministère des finances, le prêteur conserve l’original et l’emprunteur reçoit une photocopie.

Lorsqu’un contrat de prêt est établi entre les parties, chacun doit conserver un original. L’emprunteur est tenu d’ajouter à la main le montant de la somme mise à disposition, en chiffres et en lettres. Si cette mention n’est pas présente, le contrat n’est pas valable.

Il est possible d’enregistrer l’acte auprès d’un notaire ou du service des impôts. On se contentera de la 2e solution pour les montants de faible ampleur, l’étude notariale retenant généralement 5 % de la somme prêtée.

Le prêteur doit bien réaliser qu’en l’absence de document écrit et enregistré, il ne pourra pas prouver que l’emprunt a eu lieu, surtout si la transaction s’est effectuée en argent liquide. Et même s’il lui reste la trace d’un chèque ou d’un virement bancaire, l’emprunteur pourra toujours argumenter du fait qu’il s’agissait d’un prêt d’honneur sans intérêts.

Généralement si aucune preuve ne peut être apportée, les tribunaux considèrent que l’argent a été donné. Ils se retournent alors vers l’emprunteur car celui-ci est censé payer des droits de donation.

Les arnaques au prêt d’argent entre particuliers sur Internet

Lorsqu’un ménage a été refusé par les banques, il a tendance à aller chercher des investisseurs sur Internet pour se financer. Il est important de rappeler que si le prêt entre particulier est autorisé, beaucoup d’escrocs en profitent derrière l’ordinateur.

Ils guettent leur proie sur des forums de consommateurs sans modérateur, en se faisant passer pour des citoyens ayant l’habitude d’aider leurs contemporains. L’arnaque prend toujours la même forme : le faux prêteur demande aux vrais emprunteurs une somme d’argent avant même d’avoir envoyé les fonds.

Il faut savoir qu’un courtier en crédit ou une entreprise enregistrée auprès de l’AMF, n’a pas le droit de demander une somme d’argent avant l’octroi effectif des fonds promis.

Lors d’une arnaque classique de prêt d’argent entre particuliers sur Internet, 2 cas de figure se présentent.

1- Le faux prêteur donne son accord, mais demande 10 % en garantie. Naïf, l’emprunteur à l’autre bout de la ligne les lui envoie pensant réaliser une bonne affaire, et ne recevra plus de nouvelles de son interlocuteur.

2- Le faux prêteur donne son accord et annonce qu’il envoie les fonds. Puis le naïf emprunteur reçoit un e-mail des douanes ou d’une société fictive, annonçant avoir reçu les fonds envoyés par le gentil samaritain, mais demandant au naïf une somme d’argent pour les débloquer, comme la loi l’exige (soi-disant). Le naïf paye rubis sur l’ongle, sans se douter un seul instant qu’il vient de se faire arnaquer.

Le prêt d’argent entre particuliers marche très bien, mais à condition de ne s’adresser qu’à des sociétés avec pignon sur rue.

Fabien Belleinguer

Fabien Belleinguer

Éditeur chez Emprunter-Malin.com
Blogueur sur les thèmes de l'argent et l'immobilier depuis 2012, je suis radin, suspicieux, mais toujours poli. Autodidacte, je choisis mes sources d'information avec soin et les analyse en toute indépendance.
Fabien Belleinguer