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Le prêt in fine immobilier est-il pour vous ?

Le prêt in fine est un financement généralement dédié à l’immobilier, dans lequel le capital est remboursé en fin de contrat. Tout au long de la durée l’emprunteur ne paye que des intérêts, et obtient donc de faible mensualités. Un dispositif qui coûte cher, surtout utilisé pour l’optimisation fiscale, rarement pour la résidence principale.

Signature d'un contrat immobilier
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Le principe du prêt in fine

Un dépôt initial obligatoire

Le prêt immobilier in fine se caractérise par la présence obligatoire d’un fort apport personnel. Cet apport sera déposé sur une assurance-vie nantie par la banque. L’objectif est que le rendement de l’assurance-vie soit suffisant pour faire grossir cet apport au niveau du capital emprunté, une fois arrivée la fin du contrat.

Exemple : une banque accorde un prêt in fine pour un montant de 200 000 € sur 10 ans. La banque elle anticipe un rendement annuel de 1,8 % pour l’assurance-vie en support euro. L’emprunteur doit donc déposer un capital de 168 000 €, de manière à ce que le rendement le porte à 200 810 € dans 10 ans.

Si le rendement de l’assurance-vie n’est pas suffisant, l’emprunteur devra rajouter sur ses propres deniers afin de rembourser le capital en fin de contrat. Cette situation a pu arriver à certains emprunteurs, lorsque les taux de rendement des placements se sont écroulés à partir de 2016.

Exemple : une banque accorde un prêt in fine pour un montant de 200 000 € sur 10 ans. L’emprunteur dépose 168  000 € sur un placement nanti par la banque. Malheureusement le rendement globale se limite à 1,5 %, en fin de contrat le capital n’est que de 194 900 €. L’emprunteur doit rajouter les 5100 € manquants de sa poche.

De faibles mensualités uniquement composées d’intérêts

Dans un prêt in fine, l’emprunteur ne verse que les intérêts à sa banque. On obtient donc les particularités suivantes :

  • Les mensualités sont plus faibles que lors d’un prêt amortissable classique.
  • L’emprunteur paye plus d’intérêt que lors d’un prêt amortissable classique.
  • L’assurance crédit ne peut être que basée sur le capital emprunté.

Prenons l’exemple d’un crédit immobilier de 200 000 € au taux de 1 % remboursable sur 10 ans, avec assurance emprunteur à 0,4 %.

Si le prêt est in fine, l’emprunteur verse des mensualités de 166,67 €. À terme il aura payé 20 000 € d’intérêts à sa banque, plus 8000 € de primes d’assurance crédit. Effectivement ces dernières sont forcément basées sur le capital emprunté. Coût total du crédit : 28 000 €.

Si le prêt est amortissable, l’emprunteur verse des mensualités de 1753 €. À terme il aura payé 10 250 € d’intérêts, plus 4050 € de primes d’assurance crédit. Effectivement ces dernières sont basées sur le capital restant dû, elles diminuent donc au fur et à mesure des remboursements. Coût total du crédit : 14 300 €.

Un remboursement de capital en fin de prêt

Une fois la dernière mensualité d’intérêts payée, la banque récupère le capital prêté sur l’assurance-vie qu’elle a nanti. Elle reverse l’éventuel reliquat à l’emprunteur, et clôt l’opération.

Note : si l’emprunteur ne dispose pas d’un apport personnel suffisant, il peut être amené à rajouter du capital tous les mois, en plus du paiement des intérêts.

Le prêt immobilier in fine, c’est pour qui ?

Pour ceux qui ont déjà des revenus locatifs

Le recours au prêt immobilier in fine peut être utilisé pour les contribuables lourdement imposés. Effectivement ce type de financement présente 2 avantages :

  • Le montant du patrimoine acquis sort de l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière).
  • Le montant des intérêts peut être déduit de la base de revenus fonciers.

Lorsqu’un ménage acquiert un bien immobilier via un crédit amortissable, l’administration fiscale considère que son patrimoine s’agrandit au fur et à mesure du capital remboursé. Or dans le cas d’un prêt in fine le capital n’est remboursé qu’en fin de contrat. Ainsi le patrimoine taxable du ménage n’augmente qu’à la fin des remboursements.

Mais surtout, si ce ménage choisit une imposition au régime du réel il a la possibilité de déduire les intérêts de sa base de revenus fonciers.

Exemple : Ce couple a une base d’imposition de revenus professionnels de 62 000 €, plus une base d’imposition foncière de 10 000 €. Leurs revenus totaux sont donc de 72 000 €, ce qui les place dans le TMI de 41 %. Ils achètent un appartement via un prêt immobilier in fine de 200 000 € à 1 % sur 10 ans. Ils verseront donc 2000 € d’intérêts par an à leur banque. Ils déduisent ces 2000 € de leur base d’imposition foncière, qui descend à 8000 €. Leurs revenus totaux sont donc désormais de 70 000 €, ils descendent dans le TMI de 30 %.

Pour les non-résidents fiscaux

Tout ce qui est imposable est saisissable. Or, les non-résidents fiscaux n’étant pas imposés en France, ils ne sont pas saisissables. S’ils ne possèdent pas de bien à nantir, ils n’ont quasiment aucune chance d’obtenir un prêt amortissable classique.

Leur solution : nantir un capital suffisant auprès d’une banque et emprunter en in fine. Généralement leur objectif est de financer leur future résidence principale, en la mettant en location jusqu’à la fin des remboursements.

Certains d’entre eux utilisent ce dispositif pour acheter un appartement meublé dans une résidence de tourisme, qui leur servira de résidence secondaire dans un premier temps, puis de résidence principale après leur retour en France.

Pour ceux qui disposent d’un capital

Des particuliers peuvent se retrouver en possession d’un capital important, par exemple suite à un héritage ou un rachat de soulte. Ils peuvent souhaiter placer cette somme dans l’immobilier, sans rajouter à leur endettement et sans leur provoquer d’effort financier supplémentaire.

Le prêt in fine leur apporte la solution. Ils peuvent alors acheter du locatif, en calculant le rendement de manière à ce que les loyers couvrent les intérêts et les charges. Ils se retrouvent ainsi avec un bien immobilier entièrement payé à la fin du contrat, sans avoir eu d’effort financier à effectuer.

Toutefois eu égard au faible niveau des taux immobiliers aujourd’hui, ils peuvent avoir plus intérêt à utiliser le prêt amortissable classique. Effectivement plus l’apport initial est élevé, plus les mensualités sont faibles. Ils pourraient ainsi diminuer au mieux leur effort financier mensuel.

Le prêt in fine pour une résidence principale

Le prêt immobilier in fine n’offre que peu d’intérêt pour une résidence principale. Il n’intéresserait que les particuliers disposant d’un capital important, mais d’une faible capacité de remboursement. Ils pourraient alors nantir ce capital sur une assurance-vie, de manière à obtenir un crédit in fine.

Pourtant l’opération serait davantage logique s’ils utilisaient ce capital pour acheter leur logement cash, sans emprunt. Les cas d’utilisation d’un financement in fine pour une résidence principale sont donc rares, et ne se font que dans le cadre d’une optimisation fiscale.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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Bernard

J ai une maison principale à vendre valeur 900000€ j acheté un appart a 700000€ Sur plan donc faut payer selon avancement des travaux jusqu en décembre 2021 on me propose un prêt in fine en ne remboursant que les intérêts en attendant la vente, est ce intéressant pour moi… Lire la suite »