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Peut-on encore vendre une résidence secondaire à des Anglais ?

mise à jour: 1 mai 2019
Villa avec piscine, Sud France
Pour le prix d'un trois-pièces à Londres, un anglais peut acheter une villa avec piscine dans le sud de la France.

La sortie de l’Union Européenne (UE) par le Royaume-Uni, pourrait avoir un impact sur le marché de la résidence secondaire française. Pour l’instant les banques anglaises peuvent encore prêter pour acheter en France, et les banques françaises peuvent encore prêter aux Anglais à des taux avantageux. Mais il sera difficile pour l’équipe de la première ministre Theresa May, de négocier les mêmes conditions après le Brexit.

Vendre une résidence secondaire à un Anglais aujourd’hui

Le Royaume-Uni ne se trouve pas dans l’espace Schengen, mais dans l’UE. Les citoyens des autres pays ne peuvent pas y résider comme ils le feraient en France ou en Allemagne, mais les biens et marchandises circulent. Cette adhésion à l’Union Européenne suffit pour assurer la sécurité des biens immobiliers.

Ainsi une banque française peut encore aujourd’hui prêter à des Anglais, certes avec davantage d’apport et peut-être en In Fine, mais avec la possibilité de faire jouer les leviers légaux en cas de défaut de paiement. Une banque anglaise peut prêter à des Anglais pour acheter un bien immobilier en France, avec la possibilité de faire jouer l’hypothèque en cas de défaut de paiement.

Dès lors que le Royaume-Uni sera sorti de l’UE, ces facilités de financement n’existeront plus. Les propriétaires en France ne pourront vendre une résidence secondaire à des anglais, que si ces derniers peuvent payer cash le prix du logement et les frais de notaire.

Il va se passer au moins 2 ans entre le déclenchement de l’article 50 par la première ministre anglaise Theresa May, et la fin des négociations. Il est donc peut-être encore temps aujourd’hui pour les Britanniques d’acheter en France. Après, il est difficile de savoir si un accord de libre-échange aura été signé par les parties des 2 côtés de la Manche.

Les Anglais toujours friands de la vieille pierre française

Pour vendre une résidence secondaire à un anglais, il y a  Greene-Acres.com. D’après ses fondateurs pas moins de 150 000 petites annonces auraient été traduites « dans 17 langues et 12 pays ». Or d’après l’observatoire mensuel du site, le département le plus visité en février, tous pays confondus, est la Dordogne.

En 2e position vient Alicante en Espagne, puis les 17 positions suivantes sont occupées par des départements français, de l’Aude au Vaucluse, en passant par le Lot-et-Garonne et les Côtes-d’Armor.

En Dordogne, les villes les plus consultées par les acheteurs potentiels sont Bergerac et Sarlat-la-Canéda, qui à elles seules comptabilisent respectivement 0,36 % et 0,31 % de toutes les recherches par ville sur le site. Le prix moyen des résidences secondaires à vendre est de 303 911 € dans la première, et 402 126 € dans la seconde.

Pour autant 0,24 % des visites se concentrent sur Uzès, où les résidences secondaires à vendre tournent autour des 639 114 €. Les moins riches se tournent vers Cahors, où en plus de trouver l’un des meilleurs vins du monde ils pourront acheter en moyenne pour 276 549 €. Et si vraiment vous n’arrivez pas à trouver preneur, faites comme ce propriétaire hollandais.

Les Anglais ont-ils plus de pouvoir d’achat immobilier que les Français ?

Il est faux de croire que le citoyen britannique moyen vit mieux de son côté de la Manche. Il suffit de consulter le revenu disponible des ménages en standard de pouvoir d’achat (SPA) de l’INSEE, « unité monétaire artificielle utilisée pour neutraliser les différences de niveau de prix entre les pays ».

Une unité de consommation dans un ménage français dispose de 19 880 SPA, contre 16 896 SPA pour la même unité au Royaume-Uni. En clair, une famille anglaise a moins de pouvoir d’achat dans son propre pays qu’une famille française en France. Même lorsque l’on regarde le revenu disponible (après impôts et taxes), on se rend compte que le Royaume-Uni est loin derrière la France, avec 20 945 € contre 21 415 € par unité de consommation.

C’est ainsi que le crédit immobilier londonien représente en moyenne 173,51 % des revenus des emprunteurs. Pour acheter un appartement dans le centre de Londres, il faudra tabler sur 16 455 €/m², ou encore 8536 €/m² en dehors du centre (source : numbeo.com). Il faut donc débourser 500 000 € acheter un appartement de 58 m², excentré du cœur de Londres. Pour ce prix on obtient un magnifique corps de ferme avec piscine, rénové, meublé, en Dordogne ou dans le Lubéron. Pour un couple de CSP+ déjà propriétaires, le choix est vite fait.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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