Accueil Taux de prêt à la consommation moyen, mise à jour juillet 2019

Taux de prêt à la consommation moyen, mise à jour juillet 2019

Le taux de crédit à la consommation moyen est en hausse, au-dessus de son plafond des 6 derniers mois. Les taux des découverts bancaires (dont crédits renouvelables et affacturages) sont eux-aussi en baisse, mais de façon plus modérée. Toutefois ces chiffre ne sont que des moyennes. En réalité banques et sociétés de crédit bataillent à coups de promotions, il est donc possible d’emprunter pour moins cher.

Taux des prêts à la consommation

Moyenne générale, frais d’emprunt non inclus

Crédits non-renouvelables Découverts bancaires
3,99 % ? 5,78 % ?

Source Banque de France, Taux Effectif au Sens Étroit (TESE) pour les crédits à la consommation amortissables constatés en mai 2019. Le TESE correspond aux intérêts facturés par les établissements prêteurs, les frais de dossier et d’assurance ne sont pas inclus.

Taux de prêt personnel actuel moyen (taux effectif, frais inclus)

> 6000 € 6000 – 3000 € < 3000 €
4,44 % ? 9,37 % ? 15,81 % ?

Source : Banque de France, Taux Effectif Global (TEG) frais inclus. Moyenne constatée au 2e trimestre 2019, servant de base pour déterminer le taux d’usure. Pour rappel : le taux d’usure à la consommation est le taux maximum auquel un établissement financier peut prêter à un professionnel ou un particulier. Son calcul est le suivant : taux moyen + 33 % = taux d’usure.

Pour info : Emprunter Malin édite également la tendance trimestrielle du prêt immobilier, avec les chiffres de l’ANIL (Agence Nationale pour l’Information sur le Logement).

Le point sur la situation économique française

Les chiffres du chômage sont en baisse de -0,1 points au 1er trimestre 2019. La France compte désormais 8,7 % de personnes sans emploi dans sa population active, un niveau au plus bas depuis début 2009.

Pour ne rien gâcher L’INSEE constate que la consommation des ménages se redresse de +0,4 % en mai 2019, mais affiche un recule de -0,5 % sur 3 derniers mois. Jusqu’ici les biens fabriqués représentent 44 % des dépenses des français. L’alimentaire se place en 2nd position avec 37 %, tandis que le coût de l’énergie prend 18 % du budget des ménages. On notera d’ailleurs que les produits raffinés pèsent 9 % dans le porte-monnaie.

Les statistiques de la croissance s’améliorent avec +0,3 % au 1er trimestre 2019. Rappelons toutefois que la croissance économique d’un pays est la différence entre ce qu’il gagne (impôts, dividendes) et ce qu’il dépense. On peut parfaitement créer de la croissance en augmentant les taxes et en baissant les aides.

L’inflation repart légèrement avec +1,2 % en juin 2019. Les entreprises vendent plus cher, ce qui en théorie devrait améliorer leurs marges et tirer la croissance vers le haut. C’est à condition bien sûr que les revenus des ménages augmentent au moins proportionnellement au coût de la vie.

Le marché de l’automobile, par la voix du CCFA (Comité des Constructeurs Français d’Automobiles), fait état d’une baisse de -6,3 % des immatriculations de véhicules particuliers neufs de janvier à juin 2019.

Le point sur le marché du crédit conso en France

La politique monétaire avantageuse de la Banque Centrale Européenne n’arrive pas à freiner les taux des crédits à la consommation destinés au grand public. L’institution conserve par exemple un taux de refinancement à 0 % pour les établissements financiers.

Selon les chiffres compilés par l’ASF (Association Française des Sociétés Financières), le mois d’avril 2019 a été très bon pour les crédits à la consommation. Les Banques et leurs filiales membres du réseau ont prêté 3 milliards d’euros, soit 4,2 % de plus qu’en avril 2018.

Les crédits pour automobiles neuves ont progressé de +1 %, tandis que ceux pour les modèles d’occasion décollent de +12,1 %. Les conducteurs ont emprunté 205 millions d’euros pour les premiers et 383 millions d’euros pour les seconds.

Pour leurs logements les ménages ont emprunté 272 millions d’euros en avril 2019, afin d’acquérir des biens d’équipement et autre services d’amélioration de l’habitat. Ce montant représente une pharaonique augmentation de +19,3 % par rapport à avril 2018.

La souscription de crédits renouvelables repart à la hausse (+3 %), ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Ce type de trésorerie coûte cher et se retrouve en grande quantité dans les dossiers de surendettement.

Enfin, le prêt personnel continue d’accuser le coup. En avril 2019 les ménages en ont souscrit 1,19 milliards d’euros en baisse de -0,5 %. S’il est le crédit à la consommation préféré des ménages, sans doute à cause du libre usage par l’emprunteur des fonds prêtés.

Rappel sur la différence entre le taux nominal et le taux effectif global (TEG)

Le TEG tient compte du taux nominal, des frais de dossier, des commissions et éventuellement des primes de l’assurance emprunteur. Lorsqu’une banque ou un établissement de crédit spécialisé remet une offre de prêt à un consommateur, il doit préciser le TEG (ou TAEG dans le cadre d’un taux annuel) en grosses lettres.

Un emprunteur malin doit comparer plusieurs offres en tenant compte des TEG. Effectivement un prêteur pourrait tromper le consommateur en affichant un taux nominal faible, mais avec des frais de dossier élevés ainsi qu’une prime d’assurance crédit conséquente. Au final le client serait trompé par une offre faussement attractive, et se retrouverait avec des mensualités supérieures à ce qu’il aurait dû payer.

Prêt auto et autres crédits à la consommation affectés

Un crédit à la consommation affecté ne peut être utilisé que pour acheter un bien ou un service mentionné sur l’offre préalable. Cette formule est majoritairement utilisée pour acheter une voiture. Le consommateur peut commencer par déterminer sa capacité d’emprunt sur quelques modèles précis, et obtenir une offre préalable, valable 15 jours. Muni de son précieux document il fait le tour des concessionnaires, se trouvant ainsi en position de négocier car il peut prouver qu’il est en mesure de financer et donc de conclure l’affaire sous peu.

L’avantage de cette affectation est que le contrat sera automatiquement annulé au cas où la vente ne se réalise pas.

Mais l’inverse est également exact : la commande est annulée si le prêt n’est pas accordé, et aucune somme d’argent ne peut être demandée à l’acheteur malheureux. Attention toutefois, il doit préciser sur le bon de commande que l’achat est soumis à l’acceptation d’un crédit à la consommation affecté.

Le vendeur a le droit de demander un acompte à la réservation, Même dans le cadre d’un crédit gratuit. Mais il devra le rembourser au cas où l’acheteur/emprunteur exerce son droit de rétractation. Ainsi un consommateur peut boire les arguments d’un vendeur, signer la commande en précisant que l’achat se fait à l’aide d’un financement affecté, puis réfléchir à tête reposée et éventuellement renoncer.

Car l’emprunteur dispose d’un délai de rétractation de 14 jours à partir de la date de signature. Pendant tout ce temps le prêteur ne peut pas lui verser les fonds promis, et aucune mensualité ne peut lui être réclamée. S’il souhaite être livré avant 14 jours il doit le préciser sur le contrat, dans ce cas le délai de rétractation prend fin à la livraison.

Toutefois le délai ainsi raccourci ne doit pas être inférieur à 3 jours et supérieur ni 14 jours. Admettons par exemple qu’un couple commande un canapé en cuir, financé à l’aide d’un prêt à la consommation affecté. Admettons que le couple demande une livraison rapide, et que le meuble leur soit livré le lendemain. Dans ce cas il dispose tout de même de 2 jours pour se rétracter, annuler la vente et se faire rembourser.

Le prêt personnel ou prêt de trésorerie non renouvelable

Si l’on parle souvent de prêt personnel sans justificatif, il s’agit des justificatifs de dépenses. Car ce type de crédit à la consommation n’est pas affecté à un achat précis, l’emprunteur est libre d’utiliser les fonds comme il l’entend. Dans la pratique il n’a même pas à se justifier auprès du prêteur, ce dernier ne lui demandant généralement pas à quoi il va utiliser l’argent emprunté.

Ainsi l’emprunteur peut s’en servir pour financer des études, des travaux, un voyage, ou tout simplement pour aider des proches à réaliser leurs projets.

En dehors de cela le prêteur demande des justificatifs d’adresse, de revenus et de charges. Le bénéficiaire dispose d’un délai de rétractation de 14 jours, délai avant lequel aucun fonds ne peut lui être versé. Une fois la dernière mensualité payée, le contrat est automatiquement terminé.

Le crédit renouvelable, une facilité de caisse à prendre avec précaution

Le prêt renouvelable (ou revolving ou reconstituable) est une trésorerie dont la disponibilité se renouvelle à chaque remboursement. Admettons par exemple qu’un ménage dispose d’une facilité de caisse de 2000 €. Admettons qu’il en dépense 350 € pour un bien de consommation, il ne reste donc que 1650 € de trésorerie disponible. Admettons que lors de la prochaine mensualité, le versement en capital soit de 50 €, dans ce cas la trésorerie disponible remonte à 1700 €.

Cette formule présente indéniablement un côté pratique, qui a tendance à faire oublier aux utilisateurs qu’un crédit les engage et doit être remboursé. Trop de ménages ayant du mal à joindre les 2 bouts se servent d’un crédit à la consommation renouvelable pour payer leurs mensualités. Il s’agit d’un mauvais réflexe, qui ne sert qu’à les endetter davantage.

La faculté de reconduction des fonds disponibles dure 1 an, puis le contrat est lui-même automatiquement reconduit par accord tacite. Mais l’inconvénient de cette formule est que le prêteur n’est tenu de vérifier la solvabilité qu’au début de la signature du contrat, puis par la suite uniquement tous les 3 ans. Il prend donc des risques, qu’il absorbe en pratiquant des taux élevés.

Le Législateur autorise donc l’emprunteur à résilier son contrat à tout moment et sans pénalité de remboursement anticipé. Il reste toutefois tenu de rembourser au taux convenu avec le prêteur.

Fabien Belleinguer

Fondateur, administrateur et éditeur du site emprunter–malin.com, titulaire d'un bac de comptabilité (G2) obtenu en 1987. Blogueur sur les thèmes de l'argent et des assurances des particuliers depuis 2012, je choisis mes sources pour la pertinence de leurs chiffres et les analyse en toute indépendance. Pour les prix de l'immobilier : notaires, baromètre LPI SeLoger, baromètre FPI. Pour les taux des crédits : Banque de France, observatoire CSA/Crédit Logement.

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